La Russie rejette les accusations d'empoisonnement de Nalvany par le FSB

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LA RUSSIE REJETTE LES ACCUSATIONS D'EMPOISONNEMENT DE NALVANY PAR LE FSB

ZAGREB (Reuters) - La Russie a rejeté mercredi les conclusions d'une enquête journalistique mettant en cause une équipe du FSB, le service fédéral russe de sécurité, dans l'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny, les qualifiant de lecture "amusante".

"Nous avons l'habitude que les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux lancent des accusations contre la Russie dans les médias, qu'il s'agisse de pirates informatiques ou de révélations sur le double, voire le triple empoisonnement de Navalny", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse à Zagreb aux côtés de son homologue croate, Gordan Grlic Radman

"C'est amusant de lire ces articles", a-t-il ajouté.

S'appuyant sur diverses sources de données, notamment des données de vols d'avions et de géolocalisation par les téléphones portables, le site Bellingcat et le média russe The Insider ont publié lundi les résultats d'une enquête conjointe menée en coopération avec Der Spiegel et CNN.

Ils désignent des individus et des laboratoires et affirment que des agents du FSB, successeur du KGB, "spécialisés dans les armes chimiques, la chimie et la médecine" ont secrètement suivi Alexeï Navalny plus de 37 fois au cours des quatre dernières années dans ses déplacements à travers la Russie.

Réagissant à la publication de cette enquête, l'opposant a déclaré lundi que les faits étaient désormais établis au sujet de son empoisonnement.

Les autorités russes ont constamment démenti avoir cherché à tuer Alexeï Navalny, l'un des principaux opposants au président Vladimir Poutine, victime d'un malaise en août à bord d'un avion le ramenant de Sibérie vers Moscou.

Deux jours après ce malaise, Alexeï Navalny a été transféré en Allemagne, où il se trouve toujours après avoir été soigné pendant environ un mois à l'hôpital de la Charité à Berlin.

L'Allemagne, suivie en cela par ses principaux partenaires occidentaux, a déclaré qu'il avait été victime d'une tentative d'assassinat à l'aide du Novitchok, agent toxique créé à l'époque soviétique.

(Igor Ilic à Zagreb et Tom Balmforth à Moscou; version française Laetitia Volga, édité par Henri-Pierre André)