La Russie reconnaît la mort de 5937 de ses soldats en Ukraine

Vladimir Poutine et son ministre de la Défense Sergueï Choïgou - Sergei GUNEYEV / SPUTNIK
Vladimir Poutine et son ministre de la Défense Sergueï Choïgou - Sergei GUNEYEV / SPUTNIK

La Russie a reconnu ce mercredi un bilan de 5937 soldats tués depuis le début de son offensive en Ukraine fin février, un bilan largement en deçà des estimations ukrainiennes et occidentales.

"Nos pertes à ce jour sont de 5937 morts", a déclaré le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou dans un entretien à la chaîne de télévision Russie-24, après avoir affirmé que la Russie ne combattait "pas tant l'Ukraine que l'Occident" chez son voisin quelques minutes après la décision du président Vladimir Poutine de décréter une mobilisation partielle.

"C'est le chiffre minimal"

En-dehors des cercles du pouvoir russe, on trouvera peu d'observateurs pour accorder un quelconque crédit à ce compte. Sur BFMTV ce mercredi, Ulrich Bounat, analyste géopolitique, spécialiste de l’Europe centrale et de l’est, a expliqué d'où venait la statistique de Sergueï Choïgou:

"Ça correspond peu ou prou à des estimations faites par des journalistes russes à partir de simples communiqués mortuaires dans les journaux. C’est le chiffre minimal que pouvait donner le ministre de la Défense russe, en sachant qu’il y a eu au moins quatre fois plus de morts."

"Hors-sol"

Le consultant de BFMTV pour les questions de défense, le général Jérôme Pellistrandi, juge lui aussi le bilan mis en avant par les Russes dérisoire: "C’est hors-sol. Il faut donner un chiffre pour dire qu’on se bat et rappeler que c’est une opération militaire spéciale."

"Il y a un mois, on estimait à 80.000 soldats russes hors de combat, donc tués, blessés, prisonniers, déserteurs. Depuis, on n’est pas loin des 100.000. Et on peut estimer qu’un tiers sont morts", a-t-il ajouté.

Faisant référence à la "mobilisation partielle", c'est-à-dire l'appel aux réservistes, annoncée par Vladimir Poutine dans une allocution diffusée ce mercredi matin, Laurent Neumann, l'un de nos éditorialistes politiques, a souligné: "Et s’il n’y avait que 6000 morts, Vladimir Poutine n’aurait pas besoin de mobiliser 300.000 réservistes."

Article original publié sur BFMTV.com