La Russie réplique aux sanctions et expulse des diplomates américains

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La Russie a dévoilé vendredi sa réplique aux nouvelles sanctions américaines, avec notamment l'expulsion de diplomates et l'interdiction faite à de hauts responsables d'entrer sur son territoire. Mais Moscou se dit ouvert à l'idée d'un sommet entre Vladimir Poutine et Joe Biden, une proposition "positive".

La réponse de Moscou n'a pas tardé. La Russie a annoncé, vendredi 16 avril, sa réponse aux nouvelles sanctions américaines, avec notamment l'expulsion de dix diplomates américains et l'interdiction d'entrée dans son territoire à des hauts responsables américains. Malgré sa réplique, le Kremlin s'est dit ouvert à l'idée d'un sommet entre les présidents russe Vladimir Poutine et américain Joe Biden, qu'il qualifie de proposition "positive" faite par Washington.

Ce nouvel échange de mesures punitives intervient à un moment où les relations entre les deux rivaux géopolitiques n'ont cessé de se dégrader sur fond d'accusations par les États-Unis d'ingérences, notamment dans l'élection présidentielle américaine de 2020, d'espionnage et de cyberattaques.

Washington a annoncé jeudi 15 avril des sanctions supplémentaires visant la Russie, qui impliquent notamment l'expulsion de dix diplomates russes et l'interdiction faite aux banques américaines d'acheter directement de la dette émise par ce pays après le 14 juin prochain.

En réponse, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a annoncé vendredi l'expulsion prochaine de dix diplomates américains, diverses restrictions qui rendront la vie plus compliquée aux représentations américaines en Russie. Sont désormais également interdites sur son territoire des fondations et ONG américaines qui "s'ingèrent ouvertement" dans sa politique intérieure.

Plusieurs membres du gouvernement de Joe Biden ne seront en outre plus autorisés par la Russie à y séjourner : il s'agit des ministres de la Justice et de la Sécurité intérieure, de la conseillère en politique intérieure, du patron du FBI et de la directrice du renseignement.

Sergueï Lavrov a également annoncé que Moscou avait "recommandé" à l'ambassadeur des États-Unis, John Sullivan, de rentrer à Washington pour "y avoir des consultations approfondies et sérieuses". L'ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov, avait quant à lui été rappelé à Moscou dès le 17 mars, pour "consultations", après que Joe Biden a qualifié Vladimir Poutine de "tueur".

Selon lui, Moscou se réserve le droit de prendre d'autres "mesures douloureuses" visant les entreprises américaines, mais les "garde en réserve".

Moscou expulsera également cinq diplomates polonais, en réponse à celle de trois Russes par Varsovie.

"Désescalade"

Comme c'est de coutume après chaque vague de sanctions, le Kremlin avait qualifié plus tôt vendredi d'"inacceptables" les nouvelles sanctions américaines.

Néanmoins, le Kremlin s'est montré plutôt satisfait des mots du président américain Joe Biden, qui estime que "le moment de la désescalade est venu" et a jugé nécessaire une rencontre bilatérale "cet été en Europe" pour "lancer un dialogue stratégique sur la stabilité".

"Le président Poutine a (le premier) parlé de la nécessité de normaliser les relations et d'une désescalade", a répondu le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Il a jugé "positif" que les "points de vue des deux chefs d'État coïncident".

Le ministère russe des Affaires étrangères a lui aussi annoncé vendredi voir "de manière positive" l'idée américaine d'un sommet entre les présidents russe et américain. La proposition est "à l'étude actuellement" à Moscou.

Depuis son arrivée au pouvoir, Joe Biden promettait d'être nettement plus ferme que son prédécesseur Donald Trump, accusé de complaisance à l'égard du maître du Kremlin. Mais le président américain a également proposé en début de semaine à son homologue russe un sommet en terrain neutre, que la Finlande et l'Autriche sont prêtes à accueillir.

Tensions autour de l'Ukraine

La Russie et les États-Unis ont vu leur relation considérablement se dégrader depuis 2014 et l'annexion russe de la péninsule ukrainienne de Crimée. Même sous Donald Trump, qui ne cachait pas apprécier Vladimir Poutine, Washington a multiplié les sanctions.

Celles annoncées jeudi sont une riposte à la gigantesque cyberattaque de 2020, dont la Russie a été accusée et ayant utilisé comme vecteur SolarWinds, un éditeur américain de logiciels dont un produit a été piraté pour introduire une faille chez ses utilisateurs, y compris plusieurs agences fédérales américaines.

Directement mis en cause par Washington, le renseignement extérieur russe a parlé de "délires".

Ce ballet russo-américain intervient à l'heure de tensions russo-ukrainiennes croissantes, l'Ukraine reprochant à Moscou de chercher un casus belli pour l'envahir et la Russie affirmant que Kiev prépare une offensive contre les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine.

Avec AFP