La Russie de Poutine visée par de nouvelles sanctions après les annexions en Ukraine

Russian President Vladimir Putin (C) addresses a rally and a concert marking the annexation of four regions of Ukraine Russian troops occupy - Lugansk, Donetsk, Kherson and Zaporizhzhia, at Red Square in central Moscow on September 30, 2022. (Photo by Maksim BLINOV / SPUTNIK / AFP)
MAKSIM BLINOV / AFP Russian President Vladimir Putin (C) addresses a rally and a concert marking the annexation of four regions of Ukraine Russian troops occupy - Lugansk, Donetsk, Kherson and Zaporizhzhia, at Red Square in central Moscow on September 30, 2022. (Photo by Maksim BLINOV / SPUTNIK / AFP)

L’UE va restreindre l’octroi de visas, pendant que les États-Unis veulent durcir les sanctions économiques contre la Russie.

RUSSIE - Après les annexions, les sanctions. Les États-Unis, l’Union européenne et le G7 ont annoncé ce vendredi 30 septembre leur intention de sanctionner la Russie après l’intégration des quatre territoires ukrainiens qui ont voté « oui » aux référendums d’annexion qualifiés de « frauduleux » par une grande partie de la communauté internationale.

Ce nouveau train de sanctions s’ajoute à ceux déployés depuis le début de la guerre déclenchée par le président russe Vladimir Poutine en Ukraine il y a un peu plus de sept mois. Le Huffpost fait le point sur les dernières annonces qui visent particulièrement des responsables russes, l’octroi de visas et l’industrie de la défense.

LES SANCTIONS AMERICAINES

Les nouvelles sanctions américaines visent principalement des responsables russes et l’industrie de la défense. Plus précisément, indique CNN qui a interrogé un membre de l’administration Biden, les États-Unis « ciblent des membres du gouvernement russe, les membres de leurs familles, des militaires russes et biélorusses, et des réseaux d’approvisionnement de défense, dont des fournisseurs internationaux qui soutiennent le complexe militaro-industriel de la Russie ».

57 entités basées en Russie et en Crimée sont ajoutées à la « Entity list » du ministère de Commerce, qui oblige ces entreprises à demander des autorisations pour avoir accès à des produits et technologies américains ou pouvoir commercer aux États-Unis. Au total 392 entreprises russes sont désormais concernées par ces obligations.

Le Trésor américain vise aussi plusieurs entreprises technologiques, telles que Radioavionika, Valtex-ST, Modul ou Rotek, dont les logiciels ou les équipements produits sont également utilisés à des fins militaires. Le centre de recherche et développement AO NTT, spécialisé dans la guerre électronique, et dépendant du ministère de la Défense russe est également ciblé.

« Nous ne resterons pas les bras croisés alors que Poutine tente frauduleusement d’annexer des parties de l’Ukraine. Les États-Unis prennent aujourd’hui des mesures radicales pour affaiblir davantage le complexe militaro-industriel déjà dégradé de la Russie et saper sa capacité à mener sa guerre illégale », a justifié la Secrétaire du Trésor Janet Yellen sur Twitter.

Le département d’État a, par ailleurs, annoncé une interdiction d’entrée aux États-Unis concernant plus de 900 personnes, en plus de celles déjà concernées, tant en Russie qu’en Biélorussie et dans les régions occupées en Ukraine.

Jusqu’ici épargnées, de nouvelles personnalités sont visées par le nouveau train de sanctions américaines. 109 députés et 169 membres du Conseil fédéral sont ainsi désormais touchées, ainsi que la gouverneure de la banque centrale russe, Elvira Nabioullina, et la première vice-gouverneure, Olga Skorobogatova.

Russia's Central bank chief Elvira Nabiullina attends a session of the Saint Petersburg International Economic Forum (SPIEF) in Saint Petersburg on June 16, 2022. (Photo by Olga MALTSEVA / AFP)
OLGA MALTSEVA / AFP Russia's Central bank chief Elvira Nabiullina attends a session of the Saint Petersburg International Economic Forum (SPIEF) in Saint Petersburg on June 16, 2022. (Photo by Olga MALTSEVA / AFP)

Elles visent également les familles de nombreux dignitaires du régime, tels que le Premier ministre Mikhaïl Michoustine ou le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, avec pour objectif « d’empêcher les tentatives de contournement des sanctions ». Toutes sont concernées par un gel de leurs avoirs aux États-Unis ainsi qu’une interdiction de transaction dans le pays.

Washington a également averti qu’il sanctionnerait en accord avec les pays du G7 « tout pays, individu ou entité » qui fournirait un soutien aux tentatives de la Russie de s’emparer « illégalement » de territoires en Ukraine. Ils ont promis « d’imposer des coûts économiques supplémentaires à la Russie, ainsi qu’aux individus et aux organisations à l’intérieur et à l’extérieur de la Russie qui soutiennent politiquement et économiquement ces violations du droit international ».

SANCTIONS EUROPENNES

Du côté européen, la Commission européenne a invité les États membres à être plus restrictifs dans l’octroi des visas aux Russes et dans les contrôles aux frontières, au moment où des milliers d’entre eux fuient la mobilisation. « Avoir un visa valide ne suffira plus pour entrer dans l’UE. Les garde-frontières devront effectuer des contrôles de sécurité supplémentaires », a annoncé la commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson.

Elle a précisé que ces nouvelles orientations pour une approche plus ferme avaient été demandées par les États membres. « Elles portent uniquement sur les visas de courte durée et les contrôles aux frontières, pas sur l’asile. Le droit d’asile est un droit fondamental », a ajouté la commissaire suédoise depuis Stockholm, lors d’une conférence de presse en ligne. « Les États membres sont invités à réexaminer les visas déjà délivrés en raison du nouveau contexte de sécurité », a-t-elle précisé.

La mobilisation en Russie pour la guerre en Ukraine a poussé de nombreux ressortissants à quitter le pays. « Selon les données datant d’il y a deux jours, 10 000 à 20 000 personnes de plus sont entrées dans l’UE depuis septembre », a indiqué Yvla Johansson. « Les demandes d’asile sont insignifiantes », a-t-elle détaillé.

Une demande de visa Schengen pour l’UE doit être effectuée dans le pays d’origine et « l’examen de la demande devra être très restrictif », a insisté la responsable. « Si des doutes sont émis sur le fait que le demandeur d’un visa Schengen va rester dans l’UE plus de 90 jours, le visa Schengen ne devra pas être accordé », a-t-elle indiqué.

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