Russie: plusieurs oligarques et leur famille retrouvés morts dans des conditions similaires

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L'oligarque russe Sergey Protosenya - Capture d'écran BFMTV
L'oligarque russe Sergey Protosenya - Capture d'écran BFMTV

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À la fin des années 90, tout leur souriait. La chute de l'URSS et l'arrivée d'une économie de marché leur avaient permis de s'enrichir, notamment dans le domaine des matières premières. Certains, à la tête d'entreprises stratégiques, avaient même noué d'importantes relations avec le sommet de l'État, bénéficiant de la mansuétude de Vladimir Poutine. Mais depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février dernier, l'âge d'or des oligarques semble bien avoir entrepris son déclin.

Durement touchés par les sanctions

C'est d'abord une pluie de sanctions économiques qui s'est abattue sur eux. Les Occidentaux, conscients du rôle joué par cette caste économique dans le maintien au pouvoir du chef de guerre Vladimir Poutine, les ont durement frappés au portefeuille. Adieu les avoirs financiers, les yachts, les villas et les chalets présents sur le sol européen.

Maintenant, c'est une série de mystérieux suicides qui attire un peu plus la lumière sur eux. Depuis le 28 février, au moins quatre oligarques ont été retrouvés morts selon le magazine Newsweek, qui mentionne également deux morts avant cette date. Tous dans des conditions qui s'apparentent à un suicide.

Mais plus troublant encore, trois d'entre eux auraient tué femme et enfants avant de se donner la mort. Mikhail Watford est la première victime de cette liste macabre, et le seul qui n'a pas été retrouvé sans vie aux côtés de ses proches. Âgé de 66 ans, il était né dans l'ancienne République socialiste soviétique d'Ukraine, et avait fait fortune dans le pétrole et le gaz. Le 28 février, il a été retrouvé mort dans sa résidence du Surrey, au Royaume-Uni.

C'est son jardinier qui l'a découvert pendu dans son garage. Néanmoins, une source policière a indiqué à la BBC que les circonstances autour de sa mort n'étaient pour l'instant pas "suspectes".

Drames familiaux en série

Puis le 24 mars, c'est Vasily Melnikov qui est retrouvé mort avec sa femme Galina et ses deux fils, dans son appartement de Nijni Novgorod, grande métropole russe. Selon des sources policières citées par le quotidien moscovite Kommersant, Vasily Melnikov aurait poignardé sa femme et ses deux fils, avant de se donner la mort. Et toujours selon Kommersant, aucune trace d'intervention extérieure n'a été retrouvée dans l'appartement.

Après cette date, encore deux autres drames familiaux sont venus toucher des oligarques. Le 18 avril, Vladislav Avaev, ancien de Gazprombank, filiale bancaire du géant gazier russe Gazprom, était retrouvé mort, comme sa femme et sa fille de 13 ans. Leurs corps ont été retrouvés dans un luxueux appartement moscovite. Un pistolet a été découvert dans les mains de l'oligarque. Il aurait tué sa femme et son fils, avant de se donner la mort. Avant Gazprombank, Vladislav Avaev avait travaillé pour le bureau du président de la Fédération de Russie, ainsi que pour la Douma, le Parlement russe.

Enfin, le 19 avril, Sergey Protosenya, un dirigeant du géant de l'énergie russe Novatek, était retrouvé sans vie aux côtés de sa femme et sa fille dans une villa de location à Lloret del Mar, en Espagne. Le corps du millionnaire a été découvert pendu dans le jardin de la villa. Sa femme et sa fille auraient été tuées à l'arme blanche.

"C'était quelqu'un qui n'était pas connu pour des violences. Imaginez quelqu'un tuer sa femme, sa fille, uniquement pour des problèmes personnels? Ça me paraît assez étrange", a déclaré au micro de BFMTV Denis Strelkov, journaliste de nationalité russe, travaillant chez RFI.

D'après le média local Telecino, la police suit actuellement deux pistes. Celui du double homicide suivi du suicide, ou bien celui du triple homicide, maquillé en scène de drame familial.

La fin d'un monde?

Pour l'instant, aucun élément ne permet de relier ces différentes morts avec une intervention du Kremlin. D'autant que parmi ces oligarques, aucun ne s'était publiquement exprimé contre l'invasion russe de l'Ukraine, à l'inverse par exemple du milliardaire russe Oleg Tinkov, qui dans un post Instagram avait dénoncé la semaine dernière "la folle guerre" du Kremlin menée par une "armée de merde".

L'ancien diplomate russe Vladimir Federovksi met d'ailleurs en garde contre les accusations hâtives.

"Pour l'instant, il faut être prudent", avertit-il.

Mais cette série de suicides et de meurtres familiaux parmi la classe économique dirigeante russe laisse néanmoins entrevoir un message. "Cela préfigure la fin d'un système honteux, qui avait notamment été dénoncé par Navalny", croit Vladimir Federovski.

Article original publié sur BFMTV.com

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