Russie: perquisitions contre des organisations et médias d’opposition

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La police russe a perquisitionné simultanément les bureaux de plusieurs organisations et médias d'opposition, tous liés au milliardaire et critique de Poutine en exil, Mikhail Khodorkovski. Une opération à interpréter dans un contexte plus large : celui d'un tour de vis contre l'opposition avant les élections législatives prévues cet été.

Avec notre correspondant à Moscou, Jean Cassey

Une série de perquisitions simultanées ont eu lieu à Moscou et Saint-Pétersbourg : dans les bureaux de l’ONG Open Russia, fondée par l’oligarque et opposant en exil Mikhaïl Khodorkovski, mais aussi au domicile de certains des organisateurs du mouvement.

Aucune arrestation n’a eu lieu, mais Open Russia est considérée comme « indésirable » en Russie. Ses dirigeants sont en exil. Ce qui n’empêche pas les autorités de chercher à limiter au maximum l’activité de l’ONG.

Ces perquisitions sont une pratique courante de la part des forces de l’ordre. Elles s’accompagnent en général d’une confiscation de la totalité du matériel informatique, façon de garder ces organisations d’opposition sous une pression permanente.

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Contrôler les prochaines élections législatives

Open Russia semble être particulièrement dans le viseur des autorités russes puisque la police a aussi perquisitionné les locaux du site d’actualités MBK média, lui aussi lié à Mikhaïl Khodorkovski.

La semaine dernière, c’était pour « participation à un événement organisé par Open Russia », que plus d’une centaine d’élus locaux d’opposition avaient été arrêtés pendant une conférence organisée à Moscou. Beaucoup d’entre eux risquent, à cause de cette arrestation, d’être rendus inéligibles aux élections législatives de cette année.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre cette série de perquisitions : celui d’une volonté nette de contrôler totalement la séquence électorale à venir.

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