Russie: ouverture du procès du banquier français Philippe Delpal

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Ce lundi 28 décembre s’ouvre à Moscou le procès pénal du banquier français Philippe Delpal. Avec plusieurs autres collègues du fonds d’investissement Baring Vostok, ils doivent répondre d’accusations de détournement de fonds dans une affaire que les accusés ont toujours qualifiée de montée de toutes pièces.

Avec nos correspondants à Moscou, Jean-Didier Revoin et Daniel Vallot

Après deux ans d’une enquête qui lui a valu d’être incarcéré de longs mois dans les prisons russes, avant de bénéficier d’une stricte assignation à résidence, le banquier français Philippe Delpal compte sur ce procès pour faire triompher la vérité.

Avec ses co-accusés, le directeur financier du fonds d’investissement Baring Vostok entend démontrer qu’il a été accusé et incarcéré à tort dans le cadre d’un conflit d’actionnaires avec Artem Avetisyan.

À l’approche d’un arbitrage à Londres qui s'annonce défavorable, ce banquier russe est soupçonné d’avoir voulu régler son litige au pénal grâce à des contacts dans les structures de forces et au sein du système judiciaire, une pratique souvent utilisée dans le monde des affaires russes pour se débarrasser d’un actionnaire.

À l’époque, l’affaire avait eu d’importantes répercussions dans les milieux économiques car c’était la première fois que des investisseurs occidentaux s’estimaient victimes de cette pratique.

Philippe Delpal dénonce un « crime imaginaire »

Le banquier français considère que le dossier est monté de toutes pièces : « L’enquête a démarré sur un prétendu crime de vol, qu’elle a ensuite été obligée d’annuler cette accusation pour en créer une autre qui est celle de détournement sur une période de temps qui n’a rien à voir. On voit aussi qu’il y a un dossier vide de toute substance. On est dans un crime imaginaire. »

Philippe Delpal attend un acquittement clair et net à l'issue de ce procès: « Je vais démontrer mon innocence, qui n’aurait jamais du faire l’ombre d’un doute. J’attends une justice et je persiste à croire dans la justice russe et les dernières décisions positives montrent qu’au niveau de la Cour suprême on a été entendu et ça c’est un premier signe positif. »

À charge maintenant pour Philippe Delpal et le directeur de Baring Vostok, l’Américain Michael Clavey, de démontrer preuves à l’appui qu’ils ne sont pas coupables des faits qui leur sont reprochés. Telle est du moins la conviction de Philippe Delpal.