Au gala de la presse à Washington, quelques vannes entre Joe Biden et Trevor Noah, et beaucoup d'Ukraine

ÉTATS-UNIS - “Je suis heureux d’être ici ce soir avec le seul groupe de personnes à la popularité plus faible que la mienne.” Voici comme le président des États-Unis Joe Biden a ouvert le dîner des correspondants à la Maison Blanche, événement presque centenaire, mais privé de sa substance depuis six ans entre le boycott de Donald Trump et la pandémie de Covid. Une soirée où la guerre en Ukraine et la Russie étaient sur toutes les lèvres, comme on peut le voir dans la vidéo en haut de l’article.

Du chef de l’État américain à l’humoriste Trevor Noah, qui jouait le rôle du maître de cérémonie, les références à la liberté d’expression et à la répression menée par le Kremlin se sont effectivement multipliées.

“Contrairement à ce qui se passe à Moscou, vous n’irez pas en prison”

Au moment de passer la parole au présentateur du “Daily Show”, Joe Biden s’est ainsi permis une pique en direction de la Russie: “Trevor, la très bonne nouvelle, c’est que maintenant vous allez pouvoir charrier le président des Etats-Unis. Et contrairement à ce qui se passe à Moscou, vous n’irez pas en prison.”

Un peu plus tôt dans son discours, et sur un ton plus sérieux, le président américain s’était étendu sur l’importance du rôle des médias, rompant radicalement avec la défiance des années Trump. “Vous, la presse libre, êtes plus importants que vous ne l’avez jamais été pendant le dernier siècle”, a-t-il souligné, rendant hommage aux reporters couvrant le conflit ukrainien, parfois au péril de leur vie, et alertant sur “le poison qui se diffuse dans notre démocratie (...) avec la désinformation qui augmente fortement”.

Un registre sur lequel il a d’ailleurs été rejoint par Trevor Noah. L’humoriste sud-africain a ainsi rappelé d’emblée que cette soirée de gala réunissant les journalistes accrédités à la Maison Blanche était une célébration du “quatrième pouvoir” qu’est la presse et de tout ce qu’elle représente, “un contre-pouvoir supplémentaire qui force les dirigeants à rendre des comptes et qui donne la parole à ceux qui en seraient privés autrement”.

Avec là encore des références appuyées à l’absence de liberté de la presse en Russie. “Chacun d’entre vous est un bastion de la démocratie. Et si vous en doutez ne serait-ce qu’un seul instant, regardez simplement ce qu’il se passe en Ukraine”, a-t-il insisté. “Là-bas, des journalistes risquent leur vie simplement pour montrer ce qu’il se passe réellement.” Lors du gala, une vidéo en mémoire de plusieurs reporters tués en couvrant la guerre en Ukraine a d’ailleurs été diffusée en leur hommage.

“Horrible fléau”

Trevor Noah a invité les participants à la soirée à s’interroger sur un point: “Si les journalistes russes, qui perdent leur travail et leur liberté parce qu’ils veulent raconter ce que fait leur propre gouvernement, pouvaient écrire ou montrer avec la même liberté que vous, pensez-vous qu’ils exerceraient ce pouvoir de la même manière que vous?”

Toujours sur ce thème, Trevor Noah a poursuivi avec passion en ajoutant: “Ici en Amérique, vous avez le droit de chercher la vérité même si cela dérange les gens qui sont au pouvoir, même si ce que vous révélez dérange vos lecteurs ou vos téléspectateurs. Vous réalisez à quel point c’est merveilleux?” Et d’en remettre une couche, une dernière fois. “Ce soir j’ai pu faire des blagues sur le président des États-Unis, et il ne va rien m’arriver. Il ne va rien m’arriver, n’est-ce pas?”, a-t-il finalement lancé en se tournant vers Joe Biden avec un sourire.

Une soirée qui tranchait donc avec les années Trump et les rapports pour le moins conflictuels qui existaient pendant des années entre les journalistes et le pouvoir américain, mais aussi avec la période très sombre du pire de la pandémie. Ce à quoi Joe Biden a d’ailleurs fait référence avec humour: “Nous avons vécu un horrible fléau suivi de deux années de Covid.”

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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