Russie: nouvelle mort mystérieuse d'un oligarque "tombé de son bateau"

Vladimir Poutine le 9 mai 2022 à Moscou lors des commémorations du 9 mai - Mikhail METZEL / SPUTNIK / AFP
Vladimir Poutine le 9 mai 2022 à Moscou lors des commémorations du 9 mai - Mikhail METZEL / SPUTNIK / AFP

Une nouvelle mort chez les oligarques russes. Ivan Pechorin, directeur général de l'industrie aéronautique pour la Société pour le développement de l'Extrême-Orient et de l'Arctique (KRDV), a été retrouvé mort lundi, d'après un communiqué de l'entreprise repris par les médias russes.

"La mort d'Ivan est une perte irréparable pour les amis et collègues, une grande perte pour la société", y est-il écrit.

L'homme serait tombé de son bateau à proximité de Vladivostok, au sud de la Russie en mer du Japon, le 10 septembre avant d'être retrouvé le 12, mort de noyade, rapporte le journal russe Komsomolskaya Pravda.

"C'était un personnage important, puisqu'il était responsable de la supervision du développement du point de vue notamment énergétique de l'Arctique et du grand nord russe, un poste qui lui avait été confié par Vladimir Poutine", explique sur BFMTV Ulrich Bounat, analyste géopolitique, spécialiste d'Europe centrale et orientale.

Vague de morts chez les oligarques

Cette mort tragique pourrait ne pas attirer l'attention si ce n'était pas "le 7e ou le 8e" décès d'oligarque depuis le début de la guerre en Ukraine, souligne Ulrich Bounat. L'ex-directeur général du KRDV, Igor Nosov, avait d'ailleurs été retrouvé mort en février dernier à la suite d'un accident vasculaire cérébral.

Plusieurs hommes de premier plan, et parfois leurs familles, ont également été retrouvés morts, certains semblant s'être suicidé.

Une bonne partie des oligarques décédés ces derniers mois étaient liés au secteur de l'énergie: l'ancien vice-président du géant gazier Novatek Sergey Protosenya, ainsi que sa femme et leur fille, avaient été retrouvés pendus en Catalogne en avril dernier. Fin février, Mikhail Watford, qui avait fait fortune dans le pétrole et le gaz, avait lui été retrouvé pendu dans sa maison du Surrey, au Royaume-Uni.

Mais, malgré le rapprochement chronologique de ces morts et la proximité de ces hommes avec le pouvoir, il est difficile pour le moment d'identifier clairement un coupable, même si le Kremlin est pointé du doigt.

"Pas forcément toujours la marque du Kremlin"

Ces dernières années, en Russie, on a eu "effectivement des actions plutôt politiques ou militaires, qui ont concerné par exemple des gens de l'opposition, le premier d'entre eux Alexei Navalny mais aussi Vladimir Kara-Mourza, qui ont été empoisonnés", rappelle Ulrich Bounat, "des actions qui portent la marque du FSB [Service fédéral de sécurité] ou du GRU [Direction générale des renseignements]".

Mais il rappelle aussi que "le milieu du pétrole et du gaz en Russie reste un milieu relativement mafieux".

"Donc effectivement ces morts ne sont probablement pas toutes accidentelles, mais ne portent pas forcément toujours la marque du Kremlin", explique-t-il. Il s'agit "peut-être plus de luttes d'influence entre différents cercles du pouvoir qui cherchent à s'approprier les ressources en pétrole et en gaz de la Russie", dans un contexte où "la manne pétrolière et gazière diminue du fait des sanctions internationales" dues à la guerre en Ukraine.

Article original publié sur BFMTV.com