En Russie, la mobilisation militaire commence malgré quelques manifestations dans le pays

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Plusieurs vidéos tournées depuis le mercredi 21 septembre, montrent des centaines d’hommes russes partir pour combattre sur le front ukrainien. Plusieurs manifestations improvisées contre la mobilisation partielle annoncée par Vladimir Poutine se sont tenues dans le pays : des centaines de personnes ont été arrêtées.

Mercredi 21 septembre au matin, quelques heures après l’annonce d’un référendum pour intégrer les régions du Donbass, de Kherson et de Zaporijia à la Russie, Vladimir Poutine s’est exprimé à la télévision. Le visage fermé, le président russe a annoncé la mobilisation militaire partielle de sa population pour renforcer les troupes sur le front ukrainien : une première depuis la Seconde Guerre mondiale. Vladimir Poutine a précisé que "seuls les citoyens actuellement dans la réserve" étaient concernés, notamment "ceux ayant déjà servi dans les forces armées et ayant des spécialités militaires précises".

Quelques minutes après, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou a annoncé que l’État cherchait à recruter près de 300 000 réservistes, alors que sur le terrain, les troupes du Kremlin reculent face à la contre-offensive lancée par les Ukrainiens.

Une annonce contestée

Le jour-même, des centaines de Russes sont spontanément descendus dans les rues pour montrer leur refus de la mobilisation et réaffirmer leur opposition à la guerre en Ukraine.

Ces mobilisations, peu nombreuses, ont rapidement été réprimées par les forces de sécurité russes, qui ont procédé à de nombreuses arrestations à travers le pays. Selon l’organisation non-gouvernementale russe OVD, qui suit les mobilisations en Russie et assure le décompte régulier des arrestations, au moins 1 330 personnes ont été arrêtées au cours des mobilisations contre la guerre en Ukraine, dans 42 villes.

L’annonce de la mobilisation partielle faite par Vladimir Poutine a également entraîné de très nombreux départs du pays, de peur de ne plus pouvoir quitter le territoire russe plus tard. Côté aérien, les sites des compagnies aériennes ont été pris d’assaut : les vols directs, en direction d’Istanbul, Erevan ou Belgrade par exemple, ont rapidement été complets, tandis que les prix ont explosé face au pic de demande.

Constat similaire par la route : des centaines de Russes ont pris leur véhicule et se sont rendus aux diverses frontières du pays, que ce soit vers la Géorgie, la Serbie ou la Finlande. Les gardes-frontières finlandais ont notamment confirmé une hausse des passages, même si elle reste encore assez limitée.

Face à ces départs, dont on ignore encore l’ampleur, l’Allemagne a annoncé jeudi, par le biais de sa ministre de l’Intérieur Nancy Faeser, être prête à accueillir des déserteurs de l’armée russe, compte tenu "des menaces de grave répression" qui pèsent sur eux.

Un début de mobilisation parfois chaotique

Dès mercredi après-midi, des milliers de réservistes ont été appelés à se rendre dans les centres de recrutement pour s’enregistrer, avant de partir s’entraîner en prévision de leur déploiement en Ukraine.

Plusieurs vidéos, apparues ces derniers jours, montrent des centaines d’hommes embarquer dans des bus avec leurs affaires, de la république du Daghestan à la république de Iakoutie.

La mobilisation partielle, qui touche de très nombreuses familles avec parfois des jeunes envoyés au combat, est parfois incomprise par la population.

D’autres vidéos, filmées vraisemblablement par des appelés eux-mêmes, montrent plusieurs réservistes, visiblement ivres, alors que les bus les emmenant vers l’enregistrement ou l’entraînement marquent une pause.

Sept mois après le début de la guerre en Ukraine, cette mobilisation partielle vise à renforcer les effectifs sur le terrain, dont les pertes restent incertaines.