Russie: l'opposant Ilia Iachine condamné à huit ans et demi de prison pour avoir dénoncé l'offensive en Ukraine

Russie: l'opposant Ilia Iachine condamné à huit ans et demi de prison pour avoir dénoncé l'offensive en Ukraine
L'opposant russe Ilia Iachine - BFMTV
L'opposant russe Ilia Iachine - BFMTV

Un tribunal de Moscou a reconnu ce vendredi l'opposant Ilia Iachine coupable d'avoir diffusé de "fausses informations" sur l'armée russe, après des critiques contre l'offensive militaire en Ukraine, a constaté l'AFP. Il a été condamné à huit ans et demi de prison.

L'un des derniers opposants de premier plan resté en Russie

La cour a reconnu Ilia Iachine coupable d'avoir commis le "crime" consistant à diffuser de fausses informations sur l'armée russe, a déclaré la présidente du tribunal. Le procureur avait requis neuf ans de prison.

Le procès de Ilia Iachine était particulièrement suivi en Russie, car il était l'un des derniers opposants russes de premier plan à ne pas avoir fui le pays ou à ne pas avoir été emprisonné.

Signe de la tension ambiante, le procès a été marqué par plusieurs débordements. Lors d'une audience fin novembre, une échauffourée a éclaté devant la salle, des agents de sécurité du tribunal plaquant le père de l'opposant au sol.

Arrêté après avoir dénoncé le "meurtre de civils"

Ilia Iachine, âgé de 39 ans et arrêté en juin, était jugé pour avoir dénoncé lors d'une intervention en direct sur YouTube "le meurtre de civils" dans la ville ukrainienne de Boutcha, près de Kiev, où l'armée russe a été accusée d'exactions, ce que nie Moscou.

Vêtu d'un sweat-shirt gris, menotté, Ilia Iachine est arrivé vendredi en souriant au tribunal, multipliant clins d'oeil et gestes de la main en direction de ses proches et trouvant même l'occasion de plaisanter.

"Je crois bien que la juge n'a pas envie de lire le verdict", a-t-il lancé, alors que la magistrate tardait à faire son entrée dans la salle d'audience.

La loi contre les "fausses informations" renforcée par Moscou

L'opposant était poursuivi sur la base d'articles du code pénal introduits peu après le début de l'offensive en Ukraine et qui punissent ceux qui "discréditent" l'armée russe ou "publient de fausses informations" sur ses agissements.

Ces textes sont vagues et leur champ d'application très large. Les détracteurs du Kremlin y voient un outil "fourre-tout" pour poursuivre toutes les voix critiques.

Son arrestation ne l'a pas empêché de continuer à critiquer les autorités de façon acerbe et à dénoncer l'intervention militaire en Ukraine.

Proche de Navalny

Ilia Iachine était un proche du militant anti-corruption Alexeï Navalny, emprisonné depuis début 2021 après avoir survécu à un empoisonnement qu'il attribue au Kremlin. Navalny a d'ailleurs réagi à la condamnation d'Ilia Iachine sur les réseaux sociaux. Il a dénoncé "un autre verdict éhonté et illégal du tribunal de Poutine" qui "ne fera pas taire Ilia et ne devrait pas intimider les honnêtes gens de Russie".

"C'est une raison de plus pour laquelle nous devons continuer à nous battre, et je ne doute pas que nous finirons par gagner", a-t-il ajouté.

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Son procès faisait partie des multiples affaires judiciaires lancées contre des responsables politiques d'opposition ou simples particuliers ayant critiqué l'offensive russe en Ukraine.

Plusieurs personnes ont déjà été condamnées à plusieurs années de prison après avoir été reconnues coupables d'avoir publié de "fausses informations" ou d'avoir "discrédité" l'armée.

Article original publié sur BFMTV.com