Russie : les députés votent la dépénalisation des violences domestiques

Illustration – Reuters

Sous la pression du gouvernement et de l’Eglise orthodoxe, les députés russes viennent de dépénaliser les violences domestiques. Pour les membres du parti de Vladimir Poutine, il s’agit de laisser notamment les parents punir leurs enfants comme ils le souhaitent. Les organisations féministes s’insurgent.

Ce mercredi 25 janvier, les députés russes ont voté à une écrasante majorité la dépénalisation des violences commises sur “un proche” et ne nécessitant pas d’hospitalisation. Jusqu’ici passibles de deux ans de prison, elles devraient relever désormais de peines simplement administratives. Le texte n’a recueilli que deux votes “contre”, face à un raz-de-marée de 385 voix favorables à la Douma, la chambre basse du parlement.

“C’est un vote historique, car dans certains pays, le rôle de l’Etat dans la vie familiale est beaucoup trop important”, a déclaré Andreï Issaïev, un député de Russie unie. Le parti du président, Vladimir Poutine, promeut ce texte avec l’objectif de préserver le droit des parents de punir leurs enfants et de réduire l’intrusion de l’Etat dans la vie privée et notamment familiale.

“L’immunité pour les tyrans domestiques”

Plusieurs organisations féministes ont dénoncé ce vote qui rend femmes et enfants vulnérables au sein du foyer et appellent à manifester le 4 février prochain à Moscou : “Cette loi accorde l’immunité pour les tyrans domestiques”, déplore ainsi Maria Mokhova, directrice d’un centre de crise pour femmes battues.

Selon Svetlana Aïvazova, membre du conseil des droits de l’homme au Kremlin, 40 % des crimes graves, qui concernent essentiellement des femmes et des enfants, se produisent en milieu familial, indique le journal Le Monde. Et le quotidien précise également que plus de 10.000 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint.

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