Russie: la jeune Maria Khatchatourian face à la justice pour parricide

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En juillet 2018, Maria, Angelina et Krestina Khatchatourian, trois sœurs russes alors âgées de 17, 18 et 19 ans, assassinaient leur père dans leur appartement moscovite. Un père tortionnaire qui, pendant des années, a fait subir violences, séquestration et sévices sexuels à ses filles. Malgré la demande du parquet, les enquêteurs ont refusé d’abandonner les poursuites pour meurtre. Les sœurs ont été inculpées pour « meurtre commis en groupe avec préméditation ». Le cas de la plus jeune d’entre elle est examiné lundi 10 août.

Avec notre correspondant à Moscou, Étienne Bouche

Cette première audience se tiendra à huis clos au tribunal Boutyrski de Moscou, lundi 10 août. Maria Khatchatourian n’est pas jugée avec ses deux sœurs : elle était mineure au moment des faits et a été jugée « irresponsable ». Le tribunal doit toutefois déterminer si la jeune femme a agi par aversion personnelle pour son père ou dans le cadre de la légitime défense.

« Un sentiment d’impuissance, d’humiliation et de désespoir »

Dans le journal Kommersant, Iaroslav Pakouline, l’avocat de Maria Khatchatourian, insistait dimanche sur les troubles psychologiques causés par des années de calvaire. L’état émotionnel des trois jeunes femmes se caractérisait, selon lui, « par un sentiment d’impuissance, d’humiliation et de désespoir ».

En Russie, le sort des sœurs Khatchatourian a retenu l’attention de l’opinion. Il a mobilisé les mouvements féministes et des pétitions ont appelé les juges à la clémence. Les sœurs sont inculpées pour meurtre, mais l’enquête a finalement établi qu’elles avaient subi « des violences physiques et psychiques » de la part de leur père, un fait qualifié de circonstance atténuante. Angelina et Krestina seront quant à elles jugées par une cour d’assises. Leur procès débutera à la fin du mois.