La Russie durcit un peu plus sa législation contre la “propagande LGBT”

PHOTO ANTON VAGANOV/REUTERS

Les députés russes ont voté en première lecture, jeudi 27 octobre, un durcissement de la législation sur les minorités sexuelles. La loi de 2013 punissant la “propagande LGBT” auprès des mineurs se voit ainsi renforcée par l’interdiction du “déni des valeurs familiales” et de la “promotion des orientations sexuelles non traditionnelles” auprès des adultes également.

Ces interdictions concernent “les médias, Internet, la littérature et le cinéma” ou encore la publicité. “Les films faisant la promotion de relations sexuelles non traditionnelles ne recevront pas de certificat de distribution”, a averti la Douma. Le texte prohibe aussi les “informations susceptibles d’induire le désir de changer de sexe” pour les mineurs.

Les motivations de ces amendements se résument à la lutte “contre le péché, la sodomie et les ténèbres”, constate le quotidien en ligne Gazeta.ru. “Les parlementaires justifient ces amendements par la nécessité de faire face à la ‘guerre hybride’ et de protéger les enfants de l’influence des tendances occidentales”, poursuit le journal.

“Confrontation civilisationnelle” avec l’Occident

Le député Aleksandr Khinchtein, l’un des principaux promoteurs de ce durcissement, a développé cet argument à la tribune de la Douma :

“En fait, nous nous battons aussi aujourd’hui pour que la Russie n’ait pas de ‘parent numéro un’, ‘parent numéro deux’, ‘parent numéro trois’ à la place de ‘maman’ et ‘papa’. Cela montre une fois de plus notre confrontation civilisationnelle avec l’Occident, où se forme une perception de la supériorité de l’orientation sexuelle non traditionnelle et de la transidentité en tant que facteur d’individualisation. Si nous ne protégeons pas nos frontières, ce sera une menace non seulement pour la civilisation occidentale, mais aussi pour l’avenir de notre pays : la santé de la nation, la démographie.”

Ces amendements doivent encore être approuvés par la chambre haute du Parlement, le Conseil de la Fédération, avant que le texte soit soumis pour signature à Vladimir Poutine. Certaines voix estiment néanmoins que, dans le contexte actuel, les sanctions contre ces nouvelles infractions peuvent être très dures.

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