La Russie dit adieu à Gorbatchev, sans Poutine

ALEXANDER ZEMLIANICHENKO/AFP

Le dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a été enterré samedi durant une cérémonie à Moscou sans avoir l’honneur de funérailles d’État et en l’absence frappante du président Vladimir Poutine”, écrit The Moscow Times, journal russe anglophone.

Des milliers de personnes ont fait la queue pour saluer le cercueil de Gorbatchev dans la salle des colonnes de la Maison des syndicats de Moscou. “Beaucoup de Russes reprochent amèrement à Gorbatchev l’éclatement de l’Union soviétique mais des gens de tout âge […] disaient être venus le remercier pour ce bien aujourd’hui si restreint en Russie : la liberté”, raconte le New York Times, aux États-Unis.

“Pour beaucoup, poursuit le quotidien, cet enterrement est venu rappeler les droits perdus par les Russes sous la direction du président Vladimir Poutine, qui a presque entièrement défait l’héritage de Gorbatchev, jusqu’à se lancer depuis six mois dans une guerre en Ukraine pour récupérer des territoires anciennement soviétiques.”

Et le journal états-unien de citer une Russe de 32 ans, Veronika, consultante dans le domaine artistique :

“Pour beaucoup d’entre nous à Moscou, sa mort apparaît comme la mort de la démocratie.”

Une traductrice de 41 ans, Ksénia Jupanova, citée par le Moscow Times, souligne que ces funérailles ont offert “une bouffée de liberté”.

“Un message clair”

Le Kremlin avait fait savoir que Vladimir Poutine n’assisterait pas aux funérailles du fait de son “programme de travail”, note le journal russe anglophone.

Mikhaïl Gorbatchev, vu comme un héros par une partie de l’Occident, divise dans son propre pays et “sa mort a été à peine relevée dans les cercles du pouvoir en Russie. Jeudi, la télévision d’État a montré des images de Poutine, seul, déposant un bouquet de roses rouges près de son cercueil ouvert à l’hôpital où il est décédé.”

Pour The New York Times, “l’absence de Poutine envoyait un message clair : si le Kremlin a voulu éviter toute condamnation directe d’un ancien dirigeant, il a aussi voulu prendre ses distances avec celui qui symbolise une ère dont Poutine cherche à solder en grande partie l’héritage”.

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