Russie : derrière Alexeï Navalny, une organisation fragile et harcelée

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"Les juges ici ne sont que des esclaves obéissants de ceux qui veulent me faire taire." Mercredi, en visioconférence depuis la prison où il croupit depuis son retour en Russie il y a quinze jours, Alexeï Navalny affichait encore sa combativité légendaire face aux magistrats qui venaient de balayer sa demande de libération. Les images – lui, seul dans une pièce aux lumières blafardes – rappellent celles d'autres opposants qui, avant lui, ont été broyés par une implacable machine judiciaire aux ordres du Kremlin.

Mardi, l'activiste de 44 ans victime d'un empoisonnement en août comparaîtra dans un premier procès où il risque une condamnation à deux ans et demi de détention. Les nouvelles manifestations de soutien qui doivent se dérouler aujourd'hui dans le pays ne devraient pas influencer la décision des juges, au contraire. "Le calcul du Kremlin est sans doute de le laisser le plus longtemps possible en prison", soupire l'ancien ambassadeur de France à Moscou Jean-Maurice Ripert.

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Navalny, c'est le chef de tribu, le porte-drapeau, le moteur du système

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Ce scénario, s'il se confirmait, signerait-il l'acte de décès du mouvement d'opposition protéiforme que l'avocat a construit depuis une dizaine d'années? "Navalny, c'est le chef de tribu, le porte-drapeau, le moteur du système, explique Alexeï Venediktov, rédacteur en chef à la radio indépendante Écho de Moscou. Si le moteur disparaît, tout s'arrête." Sergeï Guriev, ami de longue date de Navalny, le reconnaît : "Alexeï est le ro...


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