La Russie se défend à l'ONU d'envoyer des migrants à la frontière Biélorussie-Pologne

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Des migrants bloqués à la frontière entre le Bélarus et la Pologne, le 8 novembre 2021 dans la région de Grodno - Leonid Shcheglov © 2019 AFP
Des migrants bloqués à la frontière entre le Bélarus et la Pologne, le 8 novembre 2021 dans la région de Grodno - Leonid Shcheglov © 2019 AFP

La Russie et le Biélorussie n'aident pas des migrants à affluer vers la frontière entre ce pays et la Pologne, a affirmé ce jeudi l'ambassadeur russe adjoint auprès de l'ONU, en assurant par ailleurs que son pays n'avait aucun plan pour envahir l'Ukraine.

"Non, absolument pas", a affirmé au sujet d'une aide éventuelle aux migrants le diplomate, Dmitry Polyanskiy, avant une réunion d'urgence à huis clos du Conseil de sécurité convoquée à la demande de l'Estonie, de la France et de l'Irlande sur la crise migratoire à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne.

Interrogé sur les mouvements d'avions de chasse constatés dans le ciel de la Biélorussie, Dmitry Polyanskiy a expliqué qu'il s'agissait d'une "réponse au déploiement massif" de gardes polonais armés à la frontière polono-bélarusse.

"Nous avons des obligations dans le cadre de l'unité entre la Russie et la Biélorussie", a-t-il ajouté. "S'il y a une concentration de ressources militaires à la frontière avec la Biélorussie, nous devons réagir. Ce sont juste des vols de reconnaissance, rien de plus, c'est une activité normale", a-t-il insisté. 876450610001_6281517682001

Une saisie "honteuse" du Conseil de sécurité

Les migrants "sont des gens qui sont venus légalement au Biélorussie et qui cherchent à entrer dans des pays européens, notamment l'Allemagne. Ils ne sont pas autorisés à franchir la frontière, sont poursuivis, battus. C'est une honte totale et une violation complète des conventions internationales", a estimé Dmitry Polyanskiy, en jugeant qu'une sortie de crise ne peut passer que par le dialogue.

Le diplomate russe a critiqué l'absence de transparence côté polonais sur la crise, où, à la frontière, a-t-il affirmé, les journalistes et les ONG n'ont pas d'accès contrairement, selon lui, au côté de la frontière de la Biélorussie. Évoquant une "inclinaison masochiste", l'ambassadeur russe adjoint a aussi estimé que la demande des Européens d'une saisie du Conseil de sécurité était "honteuse".

L'Estonie, la France et l'Irlande devaient, après la réunion d'urgence, publier une déclaration conjointe avec les Etats-Unis, la Norvège et le Royaume-Uni sur la crise migratoire entre le Biélorussie et la Pologne.

Interrogé pour savoir si le déploiement de forces militaires russes à la frontière de la Russie avec l'Ukraine voulait dire que Moscou avait l'intention d'envahir l'Ukraine, Dmitry Polyanskiy a assuré que "cela n'avait jamais été planifié".

"N'oubliez pas que les navires de guerre américains en Mer Noire agissent de manière très provocatrice", a-t-il dit. "Il est de plus en plus difficile chaque jour d'éviter un clash direct en Mer Noire", a ajouté le diplomate. "Nous avons le droit de concentrer des troupes où nous voulons, ce n'est pas un territoire ukrainien, c'est un territoire russe", a-t-il insisté.

Article original publié sur BFMTV.com

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