Russie: cinq personnes placées sur le registre des «agents de l’étranger»

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Le ministère russe de la Justice a inclus lundi 28 décembre, pour la première fois, des personnes physiques à son registre des « agents de l’étranger ». La semaine dernière, les députés avaient approuvé en dernière lecture le durcissement de cette législation critiquée par les défenseurs des droits de l’Homme. Elle peut désormais concerner des individus comme des journalistes ou des militants de la société.

Ce sont d'abord des journalistes qui se retrouvent désignés, à titre individuel, comme « agent de l'étranger ». C'est le cas notamment du rédacteur en chef de Pskovskaïa Goubernia, un journal régional indépendant du pouvoir. Les personnes visées doivent désormais mentionner ce statut dans toutes leurs publications. Lev Ponomarev, militant historique de la société civile et chroniqueur régulier dans différents médias, est également concerné.

« Le FSB est manifestement très mécontent de mes activités et de celles d’autres militants des droits de l’Homme, dit-il. L’idée est de gêner au maximum notre travail et de nous discréditer. Sur les gens ordinaires, la stratégie fonctionne, nous sommes assimilés à des ennemis. Mais quand ces gens se retrouvent confrontés à des actes commis impunément par des représentants de l’État, ils se demandent vers qui se tourner et finissent par contacter les ONG. Et là, leur perception change. »

« Protéger la souveraineté de la Russie »

Officiellement, les amendements apportés à la loi visent à « protéger la souveraineté de la Russie et empêcher toute ingérence » dans ses affaires intérieures. Tout individu ou groupe recevant un soutien matériel ou financier venant de l'étranger peut désormais être considéré comme « agent de l'étranger ». Une évolution qui traduit un durcissement général à l'égard des initiatives émanant de la société civile en Russie.

Le militant Lev Ponomarev, depuis longtemps dans le collimateur des autorités, avait déjà vu l'une de ses organisations dissoute l'année dernière.