Russie : au Kremlin, Vladimir Poutine lève un coin du voile de son "plan de succession"

Analystes et internautes s’en donnent depuis lors à cœur joie, pour tenter, avec sérieux ou humour, de décoder le

Peut-on imaginer l’émoi que provoquerait, en France, l’annonce simultanée, par le président de la République, d’un projet fondamental de réforme constitutionnelle, de la démission du Premier ministre, son allié de toujours, et de la création d’un nouveau Conseil d’État pour l’accueillir ? En Russie, la triple annonce n’a guère étonné ni choqué grand monde. Depuis mars 2018, date de la dernière élection de Vladimir Poutine, aux manettes depuis 20 ans, à son quatrième mandat présidentiel avec 77% des suffrages, "la question n'était pas de savoir si Poutine gardera le contrôle après 2024, mais comment il prévoit de le faire", explique un observateur. Quatre ans avant la fin de son actuel mandat de six ans, Poutine a partiellement levé le voile sur ses intentions. Il ne briguera donc pas un nouveau mandat, ce qui eut été anti-constitutionnel, ni ne prolongera à vie sa présidence, à l’instar de certains autocrates d’Asie centrale. Il n’échangera pas non plus son poste avec son Premier ministre, comme il l’avait fait avec Dmitri Medvedev, entre 2008 et 2012, pour le récupérer à l’échéance suivante. Poutine a donc annoncé son intention de modifier la constitution pour affaiblir le prochain président russe, au profit du parlement. Et conserver son contrôle sur le système qu’il a contribué à créer.

Transition

Analystes et internautes s’en donnent depuis lors à cœur joie, pour tenter, avec sérieux ou humour, de décoder le "plan de succession" du leader du Kremlin le plus longtemps en poste depuis Joseph Staline. Sera-t-il à nouveau Premier ministre, ou plutôt chef du fameux nouveau Conseil d'État ? Pour la plupart des analystes, le choix du nouveau Premier ministre, le chef de l’administration fiscale Mikhail Mishustin, qui avait fait l’objet, voici quelques mois, d’un portrait très

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