Russie: Alexeï Navalny condamné à trois ans et demi de prison

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RUSSIE: ALEXEÏ NAVALNY CONDAMNÉ À TROIS ANS ET DEMI DE PRISON

MOSCOU (Reuters) - L'opposant russe Alexeï Navalny a été condamné mardi par un tribunal moscovite à trois ans et demi de prison pour violation des termes de sa liberté conditionnelle dans une affaire de détournement de fonds pour laquelle il a été condamné en 2014.

La peine effective a été ramenée à deux ans et huit mois par le tribunal, qui a déduit la période durant laquelle l'opposant a été assigné à résidence dans le même dossier.

Les avocats de Navalny ont annoncé qu'ils feraient appel de ce jugement et les soutiens de l'opposant ont appelé à manifester dans le centre de Moscou.

Plus de 900 personnes ont été arrêtées après avoir tenté de se rassembler dans la journée devant le tribunal, selon l'ONG OVD-Info.

Alexeï Navalny a été arrêté le 17 janvier dernier à son retour en Russie après avoir été soigné pendant près de cinq mois en Allemagne à la suite de son empoisonnement par un agent neurotoxique en août dernier. Le Kremlin dément avoir joué le moindre rôle dans cette affaire.

"La seule méthode (de Poutine) est de tuer les gens", a lancé l'opposant devant la cour. "Quoi qu'il se prétende un grand géopoliticien, il restera dans l'histoire comme un empoisonneur."

L'administration pénitentiaire russe avait saisi la justice pour que sa condamnation à trois ans et demi de prison avec sursis en 2014 soit convertie en prison ferme en raison d'une violation de son contrôle judiciaire, alors qu'Alexeï Navalny se trouvait en Allemagne.

Plusieurs capitales occidentales ont très vite dénoncé cette condamnation et réclamé la libération de l'ancien blogueur anti-corruption devenu le premier opposant à Vladimir Poutine.

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, s'est dit "profondément préoccupé" par ce jugement.

"Même si nous travaillons avec la Russie au nom des intérêts américains, nous allons nous coordonner étroitement avec nos alliés et partenaires afin que la Russie soit tenue pour responsable de son échec à protéger les droits de ses citoyens", a déclaré le chef de la diplomatie américaine dans un communiqué.

Emmanuel Macron a qualifié le verdict d'"inacceptable".

"Un désaccord politique n'est jamais un crime. Nous appelons à sa libération immédiate. Le respect des droits humains comme celui de la liberté démocratique ne sont pas négociables", a déclaré le président français sur Twitter.

La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Boris Johnson ainsi que l'Union européenne ont également appelé à la libération immédiate de l'opposant.

La Lituanie et la Lettonie ont quant à elle appelé à des sanctions de l'Union européenne contre Moscou.

"Ne vous mêlez pas des affaires intérieures d'un Etat souverain. Nous recommandons que chacun s'occupe de ses propres problèmes", a réagi la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

(Maria Tsvetkova, Polina Devitt; avec les bureaux de Washington, Berlin, Londres et Vilnius; version française Jean-Stéphane Brosse)