Russie : un adolescent se fait exploser dans une antenne régionale du FSB

Maria PANINA

Moscou (AFP) - Un adolescent de 17 ans s'est fait exploser mercredi dans une antenne locale des services russes de sécurité (FSB) dans le nord du pays, blessant trois employés, selon les autorités qui ont ouvert une enquête pour "acte terroriste".

Un message posté sur les réseaux sociaux annonçant l'explosion quelques minutes avant qu'elle n'ait lieu a poussé les médias russes à évoquer une possible piste anarchiste pour cet acte, qui a eu lieu à 08H52 locales (05H52 GMT) dans l'entrée du bâtiment qui abrite l'antenne régionale du FSB, l'héritier du KGB soviétique, à Arkhanguelsk, une ville à un millier de kilomètres au nord de Moscou, au bord de la mer Blanche.

"Selon les premières informations, la personne qui est entrée dans le bâtiment a sorti d'un sac un objet non identifié qui a explosé dans ses mains, lui causant des blessures mortelles", a précisé le Comité antiterroriste dans un communiqué.

"Trois employés du FSB ont reçu des blessures à divers degrés", a ajouté la même source.

Le Comité d'enquête, organe dépendant du Kremlin et chargé des principales affaires, a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "acte terroriste" ainsi que pour "détention illégale de munitions".

Il a identifié la personne décédée comme "un résident local de 17 ans, qui a introduit un engin explosif artisanal dans le bâtiment".

- perquisitions et interrogatoires -

Il s'agit d'un étudiant d'un établissement technique local, Mikhaïl Zlobitski, a affirmé à l'AFP un responsable des forces de l'ordre locales, sous couvert de l'anonymat.

Le Comité a publié sur son compte Twitter une photo tirée des images de vidéosurveillance montrant un jeune homme aux cheveux courts, en manteau noir, dans le hall d'entrée d'un bâtiment, la main dans son sac à dos.

"La personne décédée a été identifiée. Des investigations sont actuellement en cours pour établir toutes les circonstances de ce crime", a indiqué le Comité d'enquête.

Les attaques contre la police ou les services de sécurité sont rares en Russie, sauf dans le Caucase du Nord, région majoritairement musulmane où les autorités font face à des rebelles islamistes.

Les enquêteurs vont étudier notamment avec qui communiquait l'adolescent, "les relations et l'atmosphère dans sa famille, ainsi que dans l'établissement technique où il faisait ses études", a précisé le Comité dans un communiqué.

Ils vont également vérifier des informations sur "une éventuelle implication de la personne qui a commis le crime, dans les activités des organisations interdites", souligne le communiqué, en précisant que des perquisitions à domicile du suspect et des interrogatoires de ses proches étaient en cours.

Quelques minutes avant l'explosion, un message publié sur le compte Telegram d'un groupe anarchiste a prévenu que le siège de l'antenne régionale du FSB serait bientôt la cible d'une "attaque terroriste".

L'auteur de ce message, vu par l'AFP, écrivait sous le nom Valérian Panov.

"J'ai décidé de le faire parce que le FSB est devenu fou. Ils inventent des affaires et torturent les gens", a-t-il expliqué en estimant qu'il serait "très probablement tué dans l'explosion".

"Je vous souhaite un avenir radieux de communisme anarchiste", a-t-il ajouté.

Des anarchistes russes ont dans le passé perpétré des attaques visant les autorités en mettant le feu sur des voitures de police ou lançant des cocktails Molotov sur les locaux du parti au pouvoir Russie Unie.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué aux journalistes que le président russe Vladimir Poutine avait été informé de cette attaque, sans faire plus de commentaires.