La Russie accuse l'Ukraine d'avoir coupé l'eau et l'électricité à Kherson

La Russie accuse l'Ukraine d'avoir coupé l'eau et l'électricité à Kherson
Le barrage hydro-électrique de Kakhovka près de Kherson, en Ukraine, le 20 mai 2022 - Olga MALTSEVA / AFP
Le barrage hydro-électrique de Kakhovka près de Kherson, en Ukraine, le 20 mai 2022 - Olga MALTSEVA / AFP

La ville de Kherson dans le sud de l'Ukraine, toujours occupée par l'armée russe malgré une poussée de l'armée ukrainienne, était ce dimanche "sans électricité ni eau" et le barrage de Kakhovka a été "endommagé", après deux frappes attribuées à Kiev par les autorités régionales d'occupation russe.

"À la suite d'une attaque terroriste, organisée par la partie ukrainienne, trois pylônes en béton portant des lignes à haute tension ont été endommagés sur l'axe Berislav-Kakhovka", a affirmé l'administration d'occupation russe dans un communiqué sur Telegram. "Actuellement, il n'y a ni électricité ni eau dans la ville et dans certains districts de la région", annexée par Moscou fin septembre, a-t-elle ajouté.

Première coupure d'ampleur à Kherson

C'est la première coupure d'électricité et d'eau d'ampleur connue à Kherson, une aux mains de l'armée russe depuis le début de son offensive en Ukraine.

Selon un représentant des services d'urgence de la région de Kherson, cité par les agences de presse russes, "plus de 10 localités de la région sont (actuellement) sans courant".

Kherson, la principale ville ukrainienne prise par les forces russes depuis février, est aujourd'hui transformée en "forteresse" par celles-ci face à des troupes ukrainiennes qui se rapprochent depuis plusieurs semaines.

Les militaires ukrainiens n'avaient jusqu'alors que très rarement touché les infrastructures énergétiques civiles dont les Russes se sont emparés dans les territoires annexés, visant plutôt les lignes d'approvisionnement de l'armée russe.

La Russie, pour sa part, a détruit environ 40% des infrastructures énergétiques ukrainiennes, ce qui a entraîné de nombreuses coupures d'électricité et d'eau dans de nombreux endroits, dont la capitale Kiev.

Pas de "dégâts critiques" à Kakhovka

Plus tôt dimanche, le barrage de Kakhovka, situé à 60 km à vol d'oiseau de Kherson et sous contrôle russe, a quant à lui été atteint par un autre bombardement ukrainien, selon les autorités d'occupation russes.

"Aujourd'hui à 10 heures (8h00 GMT), six missiles Himars ont été tirés. Les unités de la défense antiaérienne en ont abattu cinq (et) un a touché l'écluse du barrage de Kakhovka, qui a été endommagé", a assuré un représentant des services d'urgence de la région de Kherson, cité par les agences de presse russes.

Le barrage hydroélectrique de Kakhovka, aménagé le long du Dniepr, permet notamment d'alimenter en eau la péninsule de Crimée, annexée en 2014 par Moscou.

"Tout est sous contrôle", a rapidement déclaré le représentant de l'administration installée par Moscou de Nova Kakhovka, le village où est situé cet ouvrage. "Un missile a touché (le site), mais n'a pas causé de dégâts critiques", a précisé Rouslan Agaïev, cité par les agences de presse russes.

Accusations mutuelles

Le risque de frappes sur cette installation stratégique est brandi depuis octobre par les Ukrainiens et les Russes, qui s'accusent mutuellement de mettre en danger la vie de "milliers" d'habitants dans cette partie de la région où les troupes de Kiev progressent depuis septembre.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensk avait accusé Moscou il y a deux semaines d'avoir "miné le barrage", l'un des plus grands en Ukraine. "Des mensonges", ont réagi les autorités d'occupation russes.

Ces trois derniers jours, les autorités d'occupation russes ont procédé dans les villages autour du site à des "évacuations" de civils face à une "possible attaque au missile" sur le barrage dont la destruction entraînerait "l'inondation de la rive gauche" du Dniepr, selon les autorités locales.

Kiev a condamné à plusieurs reprises ces "déportations" d'habitants de la région vers des territoires moins exposés aux combats, voire vers la Russie elle-même.

Article original publié sur BFMTV.com