Le Russe Alexander Vinnik jugé à Paris pour des cyberattaques massives

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Croquis d'audience montrant le Russe Alexander Vinnik (C) devant le tribunal correctionnel, le 19 octobre 2020 à Paris
Croquis d'audience montrant le Russe Alexander Vinnik (C) devant le tribunal correctionnel, le 19 octobre 2020 à Paris

Le procès du Russe Alexander Vinnik, soupçonné d'être derrière des cyberattaques massives en France et dans le monde, s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Paris.

M. Vinnik, arrêté en Grèce en 2017 et demandé par les Etats-Unis et la Russie, avait été remis à la France en janvier dernier. La justice française le soupçonne d'être derrière le rançongiciel "Locky", dont ont été victimes près de 200 particuliers, collectivités et sociétés à travers le territoire entre 2016 et 2018.

Ce logiciel malveillant crypte les données des systèmes informatiques et ne les débloque qu'à l'obtention d'une clé - un "antidote", dit la présidente - qui ne peut être obtenue qu'en échange d'un paiement de rançon. Il aurait occasionné un préjudice estimé en 2018 à environ 135 millions d'euros dans le monde.

"Je n'ai rien à voir avec le virus Locky". "Je conteste", "ça n'a pas eu lieu". Face à la présidente qui énumère les faits d'intrusion dans les systèmes informatiques, d'extorsion et de blanchiment d'argent qui lui sont reprochés, Alexander Vinnik, 41 ans, mince, cheveux très courts et vêtu d'une veste noire, nie - via son interprète - en secouant vigoureusement la tête.

Le tribunal est entré dans le vif du sujet en fin d'après-midi, après plusieurs heures de débat autour de questions de procédure de sa défense, puis une demande de renvoi - rejetée.

Celui qui avait refusé de s'exprimer devant les juges d'instruction a commencé à répondre, laborieusement, aux questions du tribunal, la présidente semblant lui arracher chacune de ses réponses.

Il s'est défini comme "autodidacte" et travailleur "freelance" dans le design web et trader sur les marchés boursiers. Il n'avait jamais entendu parler du rançongiciel Locky avant d'être extradé en France, a-t-il soutenu.

Il a cependant reconnu avoir travaillé plusieurs années pour la plateforme BTC-e, une des principales plateformes d'échange de bitcoins dans le monde jusqu'à sa fermeture par les Américains, et par laquelle les paiements des rançons transitaient.

Il était simple "opérateur", a-t-il affirmé. Les enquêteurs américains le considèrent comme le cerveau de cette plateforme qui selon eux, a permis "aux cybercriminels à travers le monde" de blanchir leur argent.

mdh/cbo/dlm