Rugby - Top 14 - CO - Mathieu Babillot (capitaine de Castres) sur la lutte pour le maintien : « On a le groupe et les hommes pour s'en sortir »

L'Equipe.fr

De retour d'une luxation à l'épaule gauche, le capitaine tarnais est totalement focalisé sur l'opération maintien avec Castres. Elle passe par un succès face à Pau samedi soir (20h30) à Pierre-Fabre. Il n'avait plus joué depuis le 14 septembre et un revers à Bayonne (17-27). Victime d'une luxation à l'épaule gauche, Mathieu Babillot a effectué un retour marquant la semaine passée à Agen (43-24) et compte offrir toute sa fraîcheur à un CO (10e), engagé dans la lutte pour le maintien, qui reçoit Pau (13e) samedi (20h30), un concurrent direct. À Agen, Castres remporte son premier succès à l'extérieur « Le succès à Agen ne change-t-il pas à peu près tout ?
Le plus difficile, et à la fois le plus important, c'était de mettre les mots sur le fait que nous étions condamnés à jouer le maintien. Lorsque tout le monde a fini par l'accepter, quand chacun d'entre nous s'est tourné vers cet objectif unique, c'est devenu plus simple de travailler, et la victoire à Agen valide simplement cet état d'esprit. Accepter de jouer un rôle plus obscur, est-ce si difficile à admettre ?
On est tous des grands compétiteurs. On a tous envie de voir le CO rivaliser. On a d'autres objectifs que jouer le maintien. Mais la réalité est celle-là, il faut savoir l'accepter. Classement du Top 14 Mauricio Reggiardo, votre coach, est habitué à ce type d'opérations commando. Est-ce un avantage ?
J'étais déjà là quand il est venu au chevet du club (en 2015) après notre finale perdue (en 2014). Il connaît ce type de situations. Quand il te parle des ingrédients nécessaires, tout le monde se met naturellement derrière lui. Vous avez également un groupe d'expérience...
On a les hommes et le groupe pour s'en sortir, oui. Jusqu'à prétendre à la lutte pour la qualification ?
Le top 6 ? Pourquoi pas ? Mais on n'a pas envie de penser à ça. On ne peut pas se le permettre dans notre situation. On ne peut pas céder à l'euphorie mais au contraire demeurer froids et humbles. On n'est pas assez bien classé pour se payer le luxe de s'éparpiller. « Ce Top 14 est tellement fou, et c'est ce qui est si bon... » Ne craignez-vous pas que cette lutte avec les grandes métropoles soit de plus en plus inégale ? Que le CO se retrouve à terme condamné à jouer le maintien ?
De grandes métropoles, avec de grands sponsors émergent, c'est vrai, et il sera de plus en plus difficile de se battre contre ces villes-là. Mais ça fait près de trente ans que l'on lutte, le CO est l'une des trois seules équipes à être demeurée dans l'élite depuis l'avènement de l'ère professionnelle. On se doit d'avoir cet esprit de petit, de pénible comme disent certains, mais de petit ambitieux. Après, ce Top14 est tellement fou, et c'est ce qui est si bon... Comment avez-vous vécu ces cinq mois d'indisponibilité ?
Je suis passé par un peu tous les sentiments. Au début, il y a eu beaucoup de déception, parce que je savais que je serai éloigné longtemps. Ensuite, je me suis concentré sur la blessure. Mais avec la situation vers laquelle on se tournait, c'était délicat. Je n'ai pas grillé les étapes, j'ai pris le temps de me régénérer, et ça m'a fait beaucoup de bien mentalement d'être à nouveau auprès des mecs. Que vous inspire l'entame de Tournoi des Six Nations de l'équipe de France (2 victoires en 2 matches), vous qui aviez justement débuté votre carrière en bleu au Millennium de Cardiff en 2018 alors que les Bleus s'y rendent samedi (17h45) ?
C'est bien d'avoir installé une nouvelle génération de jeunes joueurs, de créer cette émulation. Les premiers résultats font que l'on a envie de soutenir et d'encourager l'équipe de France, je ressens cet élan en tout cas. Espérez-vous la rejoindre bientôt ?
Ce n'est pas du tout le bon moment pour évoquer cette éventualité. Je reste à ma place, celle d'un joueur qui n'a plus joué depuis cinq mois, engagé dans une opération maintien qui réclame toute mon attention, toute ma concentration. »