Rugby: la Nouvelle-Zélande rouvre grand ses portes au public

Le 29 février 2020 des supporters des Hurricanes manifestent leur joie après un essai de l'équipe néo-zélandaise lors du match de Super Rugby contre les Sunwolves japonais au McLean Park à Napier en Nouvelle Zélande. (ARCHIVES)

Wellington (AFP) - Le Super Rugby Aotearoa, une version du Super Rugby confinée à la Nouvelle-Zélande, sera samedi la première compétition sportive majeure au monde à rouvrir grand ses portes au public, autorisé à venir sans restriction remplir les gradins de ses stades.

"Le "Super Rugby Aotearoa" sera la première compétition professionnelle de rugby au monde à permettre un retour massif des fans à l'ère du Covid-19 quand elle reprendra samedi à Dunedin", a indiqué fièrement dans un communiqué New Zealand Rugby, la fédération néo-zélandaise.

Cette compétition est une version resserrée du Super Rugby, qui oppose habituellement à partir du mois de mars des franchises de Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud, Argentine et Japon, nations majeures du rugby de l'hémisphère Sud, suspendue cette année à cause de l'épidémie de coronavirus.

Le Super Rugby Aotearoa ne rassemblera en effet que les cinq franchises néo-zélandaises du Super Rugby: les Blues, les Chiefs, les Hurricanes, les Crusaders et les Highlanders.

Seules sept des 24 premières éditions du Super Rugby leur ont échappé, et le premier match de ce tournoi opposera samedi soir à Dunedin, sur l'île du sud, la franchise locale des Otago Highlanders, vainqueurs du Super Rugby en 2015, aux Waikato Chiefs de Hamilton, titrés en 2012 et 2013.

Dimanche, les Auckland Blues, premiers vainqueurs du Super Rugby en 1996 et 97, recevront dans le mythique Eden Park les Hurricanes de Wellington, vainqueurs en 2016.

Ces rencontres pourront faire le plein de spectateurs, à qui il a été simplement suggéré, sans obligation aucune, de se géolocaliser dans le stade via une application sur leur téléphone portable, dans l'éventualité d'un traçage en cas de contraction du coronavirus.

"Le monde va avoir les yeux tournés vers nous", s'est réjoui Roger Clark, le président des Highlanders.

"Nous sommes incroyablement fiers et reconnaissants d'être la première compétition sportive professionnelle au monde en position de permettre à nos équipes de jouer à nouveau devant leurs fans", a lancé le patron de New Zealand Rugby Mark Robinson.

Une poignée de compétitions ont déjà été disputées avec public dans le monde mais avec des restrictions drastiques.

En Hongrie par exemple, la Fédération de football (MLSZ) a autorisé le dernier week-end de mai les fans à revenir peupler les gradins, à condition qu'ils n'occupent qu'un siège sur quatre et qu'ils laissent au moins un rang horizontal de séparation entre eux.

- Huis clos et prudence de rigueur -

A Prague, un mini-tournoi de tennis, réservé à l'élite tchèque, a également été disputé pendant trois jours fin mai en présence de spectateurs. Mais leur nombre a été limité à quelques centaines, disséminés sur un court attenant à celui où se sont déroulés les matches, derrière des barrières.

A Taïwan, le baseball se joue également depuis début mai avec l'appui du public mais limité à 1.000 personnes par match.

Hormis ces rares exemples, et si l'on exclue l'Azerbaïdjan et le Bélarus où les compétitions avec public n’ont jamais cessé depuis le début de la pandémie, certains championnats de grandes nations de football, comme l'Allemagne et le Portugal, ont repris. Mais à huis-clos.

Et si l'Espagne, dont le championnat de football doit reprendre cette fin de semaine, n'a pas exclu la présence de public, son gouvernement se montre très prudent en la matière.

Le Super Rugby Aotearoa devait d'ailleurs initialement reprendre sans spectateurs mais le gouvernement néo-zélandais a annoncé lundi la levée des restrictions dans le pays grâce aux succès enregistrés dans la lutte contre l'épidémie.

Les autorités ont ainsi annoncé que la Nouvelle-Zélande ne comptait plus aucun cas actif.

L'archipel du Pacifique Sud de cinq millions d'habitants, a dénombré 1.154 cas confirmés et 22 décès.

Plus aucune nouvelle contamination n'a été recensée depuis 17 jours. Cela faisait une semaine qu'il n'y avait plus qu'un seul cas actif.