Ruffin cite Castaner lors du débat sur l'AAH: "Les cons, c'est nous"

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DÉBAT - L’opposition une fois de plus unie face au gouvernement. Jeudi 7 octobre à l’Assemblée, elle a réclamé à l’unisson une “déconjugalisation” de l’allocation adulte handicapé (AAH), c’est-à-dire de la calculer sans tenir compte des revenus du conjoint, contrairement à ce qui est fait aujourd’hui. La majorité a quant à elle hurlé à la “démagogie” électoraliste, à six mois de l’élection présidentielle.

C’est le député LR Aurélien Pradié qui a lancé les hostilités en attaquant ce qu’il estime être un “gouvernement buté”, mais aussi le “sectarisme primaire” de la majorité et sa “sale méthode”, pour supprimer l’ensemble des articles de sa proposition de loi.

Cet élu du Lot a remis à l’ordre du jour un thème qui avait déjà suscité une séance houleuse dans l’hémicycle en juin, en profitant d’une niche parlementaire LR, ces journées réservées aux textes d’un groupe minoritaire à l’Assemblée. Le Sénat dominé par la droite a aussi mis à son ordre du jour du 12 octobre le sujet de l’AAH.

“Les cons, c’est nous.”

Lors des débats houleux entre majorité et opposition, le député de La France Insoumise François Ruffin a fait référence à des propos qu’aurait tenus Christophe Castaner et qui ont été rapportés dans L’Opinion. Face aux députés LREM, le président du groupe les aurait mis en garde: “Les niches parlementaires sont des pièges à cons. Et les cons, c’est nous.”

Une phrase dont le député insoumis s’est emparé dans l’hémicycle, pour s’adresser aux élus de la majorité (voir la vidéo ci-dessus). “C’est le chef du groupe de votre parti, Monsieur Castaner, qui dit “Nous sommes des cons”, s’est-il écrié. Vous êtes des cons, mais pourquoi? Quelle est la définition?”

“En disant cela, qu’est-ce qu’il demande aux membres de sa majorité? Il les invite à la discipline, à resserrer les rangs, à voter en bloc comme des moutons. Et moi je m’interroge sur la définition de la connerie”, a conclu François Ruffin avant d’être interrompue par la présidente de séance.

Les députés LREM ont appris à se méfier des “niches” parlementaires, après plusieurs épisodes délicats, notamment en janvier 2020 lorsqu’ils avaient provoqué une vague d’indignation en repoussant l’idée UDI-Agir d’un allongement du congé pour le deuil d’un enfant.

Abattement forfaitaire

Poussée dans ses derniers retranchements sur l’AAH en juin dernier, la secrétaire d’État Sophie Cluzel avait privilégié une formule qu’elle juge “plus redistributive”: un abattement forfaitaire de 5000 euros sur les revenus du conjoint, soit un gain moyen estimé à 110 euros mensuels pour 120.000 couples à partir du 1er janvier.

Jeudi 7 octobre, la ministre a à nouveau loué cet “investissement supplémentaire” de “185 millions (d’euros) qui permettront à 60% des bénéficiaires en couple de conserver l’allocation à taux plein”.

Au terme d’un débat mouvementé, l’Assemblée nationale a rejeté une nouvelle fois “l’individualisation” de l’allocation adultes handicapés (AAH) des personnes en couple,

Créée en 1975, l’AAH est destinée à compenser l’incapacité de travailler. D’un montant maximal de 904 euros mensuels, elle est versée sur critères médicaux et sociaux. Elle compte aujourd’hui plus de 1,2 million de bénéficiaires, dont 270.000 en couple, pour une dépense annuelle d’environ 11 milliards d’euros.

À voir également sur Le HuffPost: Allocation adulte handicapé: à l’Assemblée, les députés d’opposition vent debout

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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