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RSA: pourquoi Horizons a voté contre le gouvernement et pense à l'après-Macron

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Les députés Horizons à l'Assemblée nationale le 21 juin 2022 - JULIEN DE ROSA / AFP
Les députés Horizons à l'Assemblée nationale le 21 juin 2022 - JULIEN DE ROSA / AFP

Un couac dont se serait bien passé l'exécutif. Horizons, pourtant allié de la majorité présidentielle, a voté ce samedi soir en faveur d'un amendement permettant d'allouer 120 millions d'euros aux départements pour faire face à la revalorisation du RSA qu'ils versent aux allocataires, contre l'avis de la majorité. De quoi y voir pour certains des velléités d'indépendance d'Édouard Philippe, qui s'appuierait sur ses députés pour envoyer un message à Emmanuel Macron.

"Il n'y a aucune volonté de préparer un vote contre le gouvernement. Tout ça s'est fait dans une grande spontanéité et avec la volonté de rassurer les collectivités territoires", assure le député Horizons Frédéric Valletoux auprès de BFMTV.com.

Séduire les élus locaux

À l'appui de ses dires, seuls 13 députés Horizons sur 30 ont voté en faveur de cet amendement.

En guise de justification, plusieurs élus du groupe avancent le contexte politique. Alors que les relations entre les élus locaux et le gouvernement se sont apaisées ces derniers mois, après un quinquennat de grande tension, certains voyaient dans la revalorisation du RSA, versé par les départements, une mauvaise manière en l'absence de compensation.

"Notre patron est maire du Havre. Son ADN, ce sont les territoires et le respect de la décentralisation. On ne pouvait pas ne pas voter cet amendement", avance encore un autre député de son groupe.

En compétition avec les LR

La méthode employée par le gouvernement a également fortement déplu aux députés Horizons. Issu pour leur immense majorité des bancs des LR, ces élus n'ont guère goûté de découvrir en séance des discussions sur un amendement entre la droite et la macronie qui aurait permis d'allouer 150 millions d'euros aux collectivités.

"On n'a rien contre les discussions mais on ne peut pas découvrir comme ça sur un bout de table ces négociations et seulement sur la base de documents que nous transmet la droite. Ce n'est pas sérieux", juge ainsi Frédéric Valletoux qui pointe "un problème de méthode sur la façon de travailler".

Contrainte par une majorité relative, la coalition présidentielle doit veiller à la bonne entente avec ses partenaires tout en se sachant contrainte d'envoyer des gestes aux LR, considérés comme la force d'appoint nécessaire pour faire passer le plus de textes possibles.

Cap sur le Sénat

La configuration pèse fortement sur les relations entre le groupe dirigé par Olivier Marleix et Horizons. C'est qu'au-delà du périmètre de l'Assemblée nationale, le jeune mouvement est en compétition avec la droite pour les prochaines élections sénatoriales en 2024. L'ancien Premier ministre compte bien y faire entrer ses troupes et doit, pour y faire parvenir, séduire les élus locaux qui votent pour les sénateurs.

"Un maire sans étiquette qui voit qu'on fait du bon travail, qu'on défend les intérêts des collectivités peut hésiter entre les LR et nous... Et ce serait une très bonne nouvelle", se réjouit ainsi un membre du bureau d'Horizons.

Dans la nouvelle donne politique, le gouvernement doit désormais compter sur le Sénat pour amender des textes retoqués par l'Assemblée nationale. Après le camouflet subi par le gouvernement sur le projet de loi Covid-19, c'est ainsi le Palais du Luxembourg qui a réintroduit la possibilité d'exiger un test aux frontières en cas de variant dangereux. De quoi pousser l'ex-locataire de Matignon à vouloir s'y imposer.

Prendre date pour la prochaine présidentielle

Mais Édouard Philippe se projette évidemment bien au-delà de la chambre haute et pense à 2027. Ces derniers temps, l'ancien Premier ministre n'a d'ailleurs pas hésité à envoyer des "cartes postales" aux Français. Lancement d'une campagne d'adhésion à son propre parti début juillet, proposition d'une grande coalition à Emmanuel Macron en juin dernier sur le plateau de BFMTV...

Le maire du Havre fait entendre sa propre partition, sans hésiter à prendre ses distances avec la politique gouvernementale. Comme dans un entretien à Challenges à l'automne dernier, dénonçant une "danse au-dessus du volcan" au lieu "de mesures drastiques" de réduction de la dette.

Le Maire en embuscade

Après l'amendement de samedi, l'exécutif a eu beau jeu de dénoncer ce grand écart de langage.

"Je suis stupéfait de voir des parlementaires qui, sur les plateaux TV n’ont que le mot 'rétablissement des finances publiques' à la bouche et qui engagent de telles dépenses publiques", a répondu, sévère, le ministre de l'Économie dans l'hémicycle, lui aussi très intéressé par la prochaine présidentielle.

Difficile de ne pas voir, dans cette passes d'arme à distance, les ambitions de deux anciens camarades des LR qui voient bien après le second quinquennat d'Emmanuel Macron.

Article original publié sur BFMTV.com

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