RSA jeune: la pression ne retombe pas

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Ils sont de plus en plus pauvres. À cause de la crise sanitaire, des milliers de jeunes Français, notamment étudiants, viennent grossir les queues des distributions d’aides alimentaires. Le gouvernement a dégainé une batterie d’aides d’urgence mais les associations et la gauche demandent plus, notamment l’élargissement du RSA (Revenu de solidarité active) à tous les jeunes. Le gouvernement défend, lui, une politique d'incitation à l'emploi. Malgré son opposition, la gauche ne désarme pas.

Donner 5 000 euros à tous les jeunes et leur assurer un revenu mensuel de 564 euros. C’est la proposition que va défendre à partir de mercredi à l’Assemblée nationale le député socialiste Boris Vallaud. « La philosophie, ça peut pas être " débrouillez vous ". C'est de dire: " on va vous aider par tous les moyens, évidemment en vous trouvant des moyens d'insertion dans l'emploi, de poursuites d'études... ". Mais quand tout cela est suspendu à la possiblité de se loger, de se nourrir, il faut leur tenir la tête hors de l'eau. »

Au Sénat, ses collègues socialistes ont aussi tenté le mois dernier de porter une proposition de loi allant dans le même sens qui étendait le RSA à tous les jeunes de moins de 25 ans, sans succès. Leur texte a été rejeté par la droite et la majorité. Lundi encore, la maire socialiste de Paris Anne Hidaglo a mis sur la table une proposition un peu similaire : 500 euros par mois pour tous les jeunes alors que l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon réclame, lui-aussi, depuis des semaines l’extension du RSA.

Pour le moment, le gouvernement a toujours repoussé cette proposition qui émane aussi d’associations et de syndicats. « Je ne suis pas un grand fan de cette option » avait lancé Emmanuel Macron lors de son interview au média Brut. La mesure découragerait,selon le président, les jeunes à trouver du travail. Pour autant, certains macronistes admettent qu’il faut faire plus face à l’urgence.

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Pour le Marcheur Pierre Person, cela passe, par exemple, par la mise en place d’un Revenu universel d’activité, une promesse du candidat Macron. « Ça veut dire qu'en gros on fusionne toutes les aides qui sont aujourd'hui illisibles parce qu'il y a trop d'aides, parce qu'il y a trop de conditions, en une seule aide. Cette aide est automatique. En fait, on parlerait même pas du RSA Jeune si on avait mis en place la promesse présidentielle qui était le Revenu universel d'activité. Ça devrait déjà être en vigueur. »

Le délégué national de La République en marche Stanislas Guérini propose, lui, d’accorder un prêt de 10 000 euros pour chaque jeune pour l’aider à se lancer dans la vie. Plutôt qu’un soutien financier universel, le gouvernement privilégie pour le moment les aides à la formation, à l’apprentissage ou à l’insertion sur le marché du travail.

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