Royaume-Uni : le Parti conservateur désigne Liz Truss pour succéder à Boris Johnson

© AFP - Adrian Dennis

Liz Truss, une fidèle de Boris Johnson, a été désignée, lundi, pour devenir la nouvelle Première ministre britannique. Elle l'emporte face à l'ancien ministre des Finances Rishi Sunak, lors d'un vote par correspondance des membres du Parti conservateur.

Les Tories ont tranché : c'est Liz Truss qui succèdera à Boris Johnson au 10, Downing street. À l'issue d'un vote dont les résultats ont été annoncés, lundi 5 septembre, les quelque 200 000 adhérents du Parti conservateur ont choisi la ministre des Affaires étrangères, restée fidèle jusqu'au bout au Premier ministre sortant.

Liz Truss, 47 ans, a battu son rival, l’ancien ministre des Finances Rishi Sunak, par 81 326 voix contre 60 399, a annoncé Graham Brady, responsable de l'organisation du scrutin interne, soit 57 % des suffrages contre 43 %.

"Nous devons montrer que nous tiendrons nos promesses au cours des deux prochaines années. Je présenterai un plan audacieux pour réduire les impôts et faire croître notre économie", a déclaré Liz Truss après l’annonce des résultats.

"Je ferai face à la crise de l’énergie, en me penchant sur les factures des citoyens, mais aussi sur le traitement des problèmes à long terme que nous avons sur l’approvisionnement en énergie".

"Il est maintenant temps pour tous les conservateurs de la soutenir à 100 %", a tweeté dans la foulée le Premier ministre britannique sortant, Boris Johnson, qui doit présenter, mardi, sa démission à Elizabeth II, félicitant celle qui va lui succéder et assurant : "Elle a le bon projet pour s'attaquer à la crise du coût de la vie, unir notre parti et poursuivre le grand travail d'unification et de nivellement de notre pays"

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Liz Truss ne disposera d'aucun répit pour convaincre, à deux ans d'élections où l'opposition travailliste, qui dispose d'une nette avance dans les sondages, espère déloger les conservateurs au pouvoir depuis 2010. Le chef du Labour, Keir Starmer, a accueilli le résultat en soulignant que Liz Truss "n'est pas du côté des travailleurs".

Promesse de baisses d'impôts massives

La ministre des Affaires étrangères a séduit en promettant des baisses d'impôt massives et adoptant un ton très dur contre les syndicats. De son côté, Rishi Sunak, richissime ex-banquier, a perdu des points en prônant un réalisme économique loin des "contes de fées" et a été vu comme un technocrate donneur de leçons incapable de comprendre les difficultés des ménages. Liz Truss doit se rendre, mardi, en Écosse pour y rencontrer la reine Elizabeth, qui lui demandera de former un gouvernement.

Premier dirigeant étranger à réagir après l'annonce officielle, le chancelier allemand Olaf Scholz a fait part de sa "hâte" de travailler avec la nouvelle dirigeante britannique, tandis que le Premier ministre indien Narendra Modi s'est dit "confiant" quant à un renforcement du partenariat stratégique entre les deux pays.

Même impatience affichée de la part du Premier ministre irlandais Michael Martin, alors que les relations entre les deux pays ont été durement éprouvées par les conséquences du Brexit.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré de son côté espérer "le respect intégral (des) accords" entre le Royaume-Uni et l'UE.

Le président français, Emmanuel Macron, a quant à lui félicité Liz Truss, lundi après-midi, lors d'une conférence de presse à l'Élysée consacrée à la situation énergétique en Europe. "Je dis 'Bienvenue' à Liz Truss, je lui exprime toutes les félicitations de la France", a-t-il déclaré. Le chef de l'État a souhaité que la France et le Royaume-Uni puissent "travailler entre alliés et amis". Des mots choisis en référence à l'incapacité de la nouvelle Première ministre britannique à se prononcer, lors d'un débat télévisé en août, sur le statut de ses futures relations avec Emmanuel Macron entre l'option "ami" ou "ennemi".

Donnée de longue date favorite pour succéder à Boris Johnson, démissionnaire en juillet après des scandales à répétition, Liz Truss devient la quatrième représentante du Parti conservateur à prendre la tête du gouvernement depuis les élections de 2015.

Avec AFP et Reuters