Le Royaume-Uni impliqué malgré lui dans le différend entre l’UE et AstraZeneca

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Le Royaume-Uni se retrouve désormais impliqué dans le différend qui oppose l’UE et AstraZeneca sur la livraison de vaccins à l’Europe. Depuis que le laboratoire a informé Bruxelles la semaine dernière que ses livraisons seraient inférieures aux volumes convenus, les 27 font pression sur AZ pour qu'il ne réduise pas sa production et lui a demandé de réorienter une partie de la production britannique vers le continent. Une suggestion accueillie plus que fraîchement à Londres.

Avec notre correspondante à Londres,Muriel Delcroix

« Non, l’Europe n’aura pas nos vaccins ! » ; « Attendez votre tour ! » : les quotidiens europhobes Daily Express et Daily Mail s’étranglent depuis ce jeudi face à « l’égoïsme » de Bruxelles et sa tentative de « détourner », selon eux, des dizaines de millions de doses fabriquées au Royaume-Uni.

Mais loin de l’hystérie des tabloïds de droite, le reste de la presse britannique est, elle, plus sobre et joue l’apaisement en tentant d’expliquer le cœur du problème. Le Times cite même une source pharmaceutique affirmant que Londres dispose d’un nombre de vaccins « plus que suffisant » pour cette année et que le Royaume-Uni sera donc en mesure d’en donner à d’autres pays.

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Pour sa part, le gouvernement de Boris Johnson se garde bien de confirmer ces propos et s’efforce de rester en dehors de la polémique. Néanmoins, au vu de la réaction des tabloïds et l’inquiétude des Britanniques, Downing Street a signalé que les appels de Bruxelles se heurteraient à un mur. En position de force, Londres exige ainsi de recevoir tous les vaccins commandés et payés et a appelé par la voix du ministre d’Etat Michael Gove à un « dialogue coopératif pour voir comment venir en aide à l’UE ».

♦ La Commission européenne fait inspecter le site de production d’AstraZeneca en Belgique

Avec notre correspondant à Bruxelles, Jérémy Audouard

Jusqu’ici, peu de détails ont été communiqués au sujet de cette visite. Mais un rapport sera rendu dans quelques jours. Mercredi, des inspecteurs de l’Agence fédérale belge des médicaments ont investi le site de production de Seneffe, dans l'est de la Belgique.

Une visite diligentée par le ministre belge de la Santé, à la demande de la Commission européenne. Le cabinet du ministre indique que c’était un moyen de s’assurer que le retard de livraison des vaccins était bien dû à un « problème de production ».

Par souci de transparence, l’inspection a d’ailleurs été menée en collaboration avec des experts néerlandais, espagnols et italiens. La Commission européenne reproche au laboratoire de ne pas respecter ses engagements, en ne fournissant qu’un quart des commandes au premier trimestre.

Impossible de savoir qui dit vrai, les contrats passés avec les laboratoires sont protégés par le secret des affaires.