Royaume-Uni: Boris Johnson ramène les brexiteurs chez les conservateurs

Boris Johnson célèbre aujourd’hui son premier mois à la tête du Royaume-Uni. Son arrivée au pouvoir a choqué les Britanniques, il n’avait que 31% d’opinions favorables en commençant son mandat contre 48% pour Theresa May en août 2016. Alors, en trente jours, quel est son bilan ?

Avec notre correspondante à Londres, Sophie Miller

À peine arrivé à Downing Street, Boris Johnson est reparti en campagne électorale. Sur le Brexit, il est resté ferme, et s’est rendu dans les régions où le sujet inquiète en promettant un avenir radieux hors de l’Union Européenne, une stratégie qui a porté ses fruits ; son parti a gagné 17 points dans l’opinion et voit revenir des brexiteurs, comme Robert Wright qui avait pourtant juré de ne plus jamais soutenir les conservateurs depuis Theresa May.

Ouvrir une brèche

« Il ne s’est pas précipité pour voir Angela Merkel et Emmanuel Macron, il a attendu un mois avant de les voir, c’est une tactique intelligente, note-t-il. Theresa May allait voir Merkel ou Macron dans une position de vaincue, comme si elle demandait un service, au lieu de se conduire comme une négociatrice. Et voyez ce qu’il se passe maintenant, on est passé de l’Union européenne qui dit “on ne rouvrira jamais l’accord de retrait”, à Angela Merkel et Emmanuel Macron qui disent : “Nous n’y apporterons pas de grands changements”. Là, il a réussi à ouvrir une brèche ! »

Boris Johnson a aussi promis des fonds au système de santé public et à la police, deux services en crise et très chers au cœur des Britanniques. Depuis trente jours, il pose en fait ses jalons en vue d’élections législatives probables. Car en prenant le chemin d’une sortie sans accord, il sait qu’il risque l’effondrement de son gouvernement.