Royaume-Uni: Boris Johnson déclenche la colère des Écossais en critiquant la dévolution

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Le Premier ministre britannique a qualifié de « catastrophe » la dévolution, c’est-à-dire le transfert de pouvoirs aux autres nations du Royaume-Uni instauré dans les années 1990 par l’ancien dirigeant travailliste Tony Blair. Boris Johnson visait en particulier l’Écosse alors qu’une partie des indépendantistes écossais veulent obtenir l’organisation d’un nouveau référendum d’autodétermination.

De notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

« La dévolution a été un désastre, c’est la plus grosse erreur de Tony Blair et il n’y a aucune raison de poursuivre cette décentralisation. » Ce verdict sans nuance a été lâché imprudemment par Boris Johnson lundi lors d’une visioconférence avec des dizaines de députés conservateurs du nord de l’Angleterre.

Des propos que le SNP, le parti indépendantiste écossais, et le Parti travailliste ont immédiatement condamnés tandis que le chef des conservateurs en Écosse s’empressait de rectifier le tir en affirmant que le désastre n’était pas la dévolution mais l’obsession du SNP à vouloir démanteler le Royaume-Uni.

Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise et dirigeante du SNP, ne manquera pas d’exploiter cette petite phrase prononcée six mois avant des élections locales où les indépendantistes espèrent une large victoire et comptent réclamer un nouveau référendum.

Les remarques de Boris Johnson surviennent aussi à un moment sensible alors que le gouvernement essaie de faire voter son projet de loi sur le marché intérieur britannique. Un texte très controversé qui inquiète les autres nations du Royaume-Uni en permettant à Westminster de s’arroger certains pouvoirs après le Brexit au lieu de les redistribuer comme le voudrait justement la dévolution.