Royaume-Uni : les apiculteurs et les scientifiques ligués contre le miel frelaté

Les apiculteurs se plaignent d'une fraude conduisant à ajouter des sirops dans le miel, spécialement conçus pour tromper les contrôles. Ce miel modifié se vend ensuite bien moins cher que son équivalent naturel.

Apicultrice depuis plus de 40 ans, Lynne Ingram évolue sans crainte au milieu de ses ruches bourdonnantes dans le sud-ouest de l'Angleterre. Pour elle, le danger ne vient pas de ses abeilles, mais d'une fraude au miel de plus en plus sophistiquée. L'adultération du miel, avec des sirops, des fécules ou des cendres, est une pratique ancienne bien connue pour réduire les coûts de production. Mais, relève Lynne Ingram, les avancées de la biotechnologie l'ont simplifiée avec des sirops spécialement conçus pour tromper les contrôles. Pour alerter contre la fraude et mettre en valeur le miel naturel, l'apicultrice a fondé en 2021 un réseau de professionnels, UK Honey Authencity Network (HAN UK).

Ajout de sirops de sucre

Le miel modifié se vend bien moins cher que son équivalent naturel. "Partout dans le monde, des apiculteurs perdent leur activité", dénonce-t-elle, interrogée par l'AFP au milieu de ses ruches dans le verdoyant Somerset. "J'aimerais que le problème soit reconnu". Pour rendre le marché plus transparent, les eurodéputés ont rendu obligatoire au printemps la mention sur les étiquettes des pays où le miel a été récolté et introduisant un système de traçabilité. Mais au Royaume-Uni, l'étiquetage est loin d'être aussi contraignant et Lynne Ingram estime que les consommateurs sont "induits en erreur" par des informations vagues.

L'Union européenne répond ainsi à une hausse massive des importations de miels frelatés via l'ajout de sucres. Selon une enquête de la Commission publiée en mars 2023, environ 46% des échantillons importés récemment contrôlés étaient fortement suspectés de déroger à ces règles, notamment via l'ajout de sirops de sucre destiné à faire chuter le coût de production.

Quelque 74% des miels originaires de Chine étaient jugés suspects, comme la quasi-totalité des miels importés de Turquie et la totalité de ceux venus du Royaume-Uni, où ils étaient assemblées à partir de diverses origines avant d'être réexportés. Mais ces miels importés au Royaum[...]

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