Royaume-Uni: un an après le premier confinement, une minute de silence en mémoire des morts du Covid-19

AL
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Le Parlement observe une minute de silence en hommage aux victimes du Covid-19. - JESSICA TAYLOR /
Le Parlement observe une minute de silence en hommage aux victimes du Covid-19. - JESSICA TAYLOR /

Pays le plus endeuillé d'Europe, le Royaume-Uni a observé une minute de silence ce mardi pour rendre hommage à ses 126.000 morts de la pandémie de coronavirus, un an jour pour jour après la mise en place du premier confinement. Ce triste anniversaire a été marqué à travers le pays au moment où une campagne de vaccination massive, l'une des plus avancées au monde, offre l'espoir d'une porte de sortie des strictes restrictions mises en place début janvier, pour la troisième fois.

A midi, le pays s'est figé dans le silence, au Parlement, devant les hôpitaux et ailleurs, pour saluer les morts et les soignants de première ligne.

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Dans le cadre de cette "Journée de la réflexion", les Britanniques sont également invités à allumer une lumière - bougie, téléphone portable ou lampe de poche - sur leur pas de porte à 20h00 tandis que s'illumineront des monuments nationaux, comme le London Eye à Londres ou le château de Cardiff au Pays de Galles.

Troisième confinement en un an

Le soir du 23 mars 2020, le Premier ministre Boris Johnson s'était résolu à annoncer, dans le sillage d'autres pays européens, le confinement immédiat du Royaume-Uni, qui comptait alors plus de 330 morts, avec la fermeture des écoles, musées, restaurants, et l'obligation de rester chez soi. Alors critiqué pour sa désinvolture face au virus, le dirigeant conservateur se vantait encore trois semaines plus tôt d'avoir serré les mains de malades du Covid-19 lors d'une visite à l'hôpital.

Un an plus tard, le pays en est à son troisième confinement, décrété début janvier pour enrayer une vague très mortelle attribuée à un variant anglais plus contagieux. Il affiche plus de 126.000 morts (dans les 28 jours après un test positif), le bilan le plus lourd en Europe, et plus de 4,3 millions de contaminations - dont Boris Johnson et le prince Charles. Constatant que l'année écoulée avait "testé la détermination et résistance" des Britanniques, ce dernier a cependant estimé qu'ils émergeaient "de ce moment avec une confiance renouvelée les uns envers les autres".

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"Année incroyablement difficile"

Boris Johnson, qui avait été hospitalisé en soins intensifs avec la maladie, et avait initialement promis d'inverser la tendance en douze semaines, a appelé les Britanniques à "réfléchir à l'année passée, l'une des plus difficiles de l'histoire de notre pays".

"Cela a été une année incroyablement difficile, probablement la plus dure depuis une génération", a abondé sur Sky News le ministre de la Santé Matt Hancock, estimant "essentiel" d'en tirer les leçons.

Il s'est toutefois montré réticent à la mise en place d'une enquête publique réclamée par le chef de l'opposition travailliste, Keir Starmer, sur la gestion de la crise par le gouvernement conservateur, régulièrement mis en cause pour son approche chaotique.

L'exécutif a toutefois réussi le tour de force d'avoir administré une première dose à plus de la moitié des adultes, dont la reine Elizabeth II, depuis le lancement de la campagne d'immunisation début décembre, soit près de 28 millions de personnes. Il compte en profiter pour lever très progressivement les restrictions d'ici à fin juin. Des limitations drastiques seront toutefois maintenues aux frontières pour éviter d'importer des variants potentiellement plus résistants aux vaccins.

Les effets de la pandémie pendant une décennie

L'objectif de la campagne, actuellement menée avec les vaccins Pfizer/BioNTech et AstraZeneca/Oxford, est d'avoir administré une première dose à tous les plus de 50 ans d'ici mi-avril et à tous les adultes fin juillet.

Cet anniversaire intervient en plein bras de fer sur les fournitures du vaccin AstraZeneca avec l'Union européenne, qui a menacé de bloquer les exportations des doses produites sur son territoire. Londres a estimé qu'une telle mesure serait "contre-productive", Boris Johnson appelant lundi à la "coopération internationale" en matière de vaccins.

Mais même si les vaccins peuvent endiguer le virus, le Royaume-Uni risque, à défaut de réformes urgentes, de continuer à ressentir les effets de la pandémie pendant une décennie au moins en termes de santé et de précarité, a prévenu la British Academy, académie nationale des sciences humaines et sociales.

Article original publié sur BFMTV.com