Royal salue la percée de Mélenchon, Le Foll pointe les risques

Ségolène Royal a salué mercredi la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et la "passion" qu'il apporte en politique, alors que le succès du candidat de La France insoumise s'accompagne d'une chute du socialiste Benoît Hamon. /Photo prise le 2 décembre 2016/REUTERS/Henry Romero

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal a salué mercredi la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et la "passion" qu'il apporte en politique, alors que le succès du candidat de La France insoumise s'accompagne d'une chute du socialiste Benoît Hamon.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a quant à lui mis en garde sur les conséquences du projet de Jean-Luc Mélenchon, en particulier la probabilité d'une sortie de l'euro et de l'Union européenne.

Priée de dire si la percée de Jean-Luc Mélenchon l'inquiétait, la ministre socialiste de l'Environnement a répondu : "Non, pourquoi ? Pourquoi une inquiétude ? Non, au contraire, je pense qu'il vaut mieux une personne de ce côté-là que du côté de l'extrême droite".

"Et puis, c'est une authenticité, une passion, je pense, que les Français trouvent dans son message. Et la politique a besoin de passion", a-t-elle ajouté à la sortie du conseil des ministres.

Invitée sur France 5 en fin de journée, Ségolène Royal a déclaré qu'elle ne donnerait aucune consigne de vote avant le premier tour de scrutin, le 23 avril, une défection de plus pour le candidat socialiste Benoît Hamon.

"Je ne donnerai pas de consigne de vote avant le premier tour", a déclaré la ministre, saluant une nouvelle fois Jean-Luc Mélenchon, "qui fait une très belle campagne".

"Rien n'est joué", a-t-elle estimé. "De la même façon que je n'ai pas voulu, au moment de l'émergence d'Emmanuel Macron, critiquer, dénigrer (je n'ai) jamais cette posture vis-à-vis de ceux qui font l'effort de s'engager en politique".

Interrogé sur les déclarations de Ségolène Royal lors du compte rendu du conseil, Stéphane Le Foll a critiqué le programme de Jean-Luc Mélenchon.

"C'est 270 milliards de dépense publique supplémentaire avec des conséquences sur les impôts, c’est bien sûr hors cadre européen donc on est bien dans l’hypothèse d'un plan B (...) c'est-à-dire qu'on quitte l’Europe et qu’on quitte la zone euro", a-t-il dit.

Les personnes modestes seraient les premières victimes d'une telle situation, a assuré le porte-parole du gouvernement.

Au sein même de l'Europe, "les pays du Sud qui commencent à sortir des difficultés voient le risque de remise en cause de la zone euro et de l'Europe comme une menace, donc c'est les plus fragiles qui seront les plus touchés", a-t-il insisté, en invitant à dépasser "les discours" de Jean-Luc Mélenchon.

Ce dernier devance nettement Benoît Hamon dans les intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle, arrivant en quatrième voire en troisième position, derrière Marine Le Pen (Front national) et Emmanuel Macron (En Marche !).

(Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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