Roundup: Bayer annonce un accord d'indemnisation d'au moins 10 milliards de dollars

Dix à onze milliards de dollars : c'est le montant impressionnant de l'accord que le géant allemand de la chimie Bayer s'est résolu à signer pour indemniser des plaignants américains, afin de solder plus de 100 000 litiges concernant surtout le Roundup, pesticide à base de glyphosate commercialisé par sa filiale Monsanto.

Cet accord « mettra un terme à environ 75% des litiges » impliquant le Roundup, « qui concernent environ 125 000 plaintes au total », qu'elles aient ou non été enregistrées par les tribunaux, a déclaré Bayer dans un communiqué ce mercredi 24 juin au soir. Les plaignants américains accusent ce pesticide d'avoir causé le cancer dont ils souffrent.

« Ce règlement est important pour nos clients car il s'agit d'une bataille longue et ardue et il rend justice à nos clients », a réagi une avocate de victimes, Jennifer Moore.

Bayer « effectuera un paiement entre 8,8 milliards de dollars et 9,6 milliards de dollars (7,8 et 8,5 milliards d'euros, ndlr), pour résoudre le litige Roundup en cours, incluant une allocation destinée à couvrir les cas non résolus, et 1,25 milliards de dollars (1,1 milliards d'euros, ndlr) pour soutenir un "accord de classe" distinct afin de résoudre d'éventuels litiges futurs ». Le géant allemand précise toutefois que ces accords, ainsi que d'autres de moindre importance financière, « ne contiennent aucune reconnaissance de responsabilité ou de faute ».

Un accord « financièrement raisonnable »

Cet accord Roundup « intervient au bon moment pour que Bayer mette fin à une longue période d'incertitude », s'est réjoui dans le communiqué Werner Baumann, président du directoire de Bayer, le jugeant « financièrement raisonnable par rapport aux risques financiers importants qu'impliqueraient un contentieux courant sur plusieurs années ».

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En outre, il « met en place un mécanisme clair pour gérer les risques de potentiels futurs litiges » et, espère Baumann, il « renverra également les débats sur l'innocuité et l'utilité des herbicides à base de glyphosate dans l'arène réglementaire et dans le cadre de la science ».

Cela ne devrait en tout cas pas éteindre les polémiques concernant le Roundup, classé en 2015 « cancérigène probable » par le Centre international contre le Cancer (Circ), une instance de l'OMS, et le glyphosate.

(Avec AFP)