Rouler à 80 ou 90 km/h, une “bataille française”

PHOTO PASCAL PAVANI/AFP

Durant l’été 2018, un décret gouvernemental venait abaisser la vitesse maximale, de 90 à 80 km/h, sur quelque 400 000 kilomètres de routes départementales à travers la France. Ce 1er août, le conseil départemental du Puy-de-Dôme a profité des possibilités accordées par la loi d’orientation des mobilités pour abolir cette restriction et faire repasser la vitesse maximale à 90 km/h sur l’ensemble de ses routes secondaires. Quatre ans après la mise en place des 80 km/h, près de la moitié des départements ont opéré ce retour en arrière, et d’autres pourraient bientôt suivre. “Pouvoir rouler vite reste pour certains synonyme de liberté individuelle”, écrit le correspondant en France de La Vanguardia.

“Peu importe que nous soyons sur le point de vivre une crise énergétique et que tous les gouvernements prennent des mesures pour encourager les économies.”

Le quotidien de Barcelone se penche sur ce qu’il décrit comme un “grand paradoxe” à l’œuvre dans l’Hexagone. Ardemment défendue par le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, qui y voyait un moyen de réduire la mortalité sur les routes, la mesure avait fait l’objet d’une levée de boucliers des associations d’automobilistes. “De nombreux Français, surtout dans les campagnes, [l’ont vécue] comme un affront intolérable.”

Les “gilets jaunes” ont aussi pris leur part dans la contestation à la fin de l’automne 2018, explique le titre. Après la tentative d’instauration d’une écotaxe sur le carburant en 2013, la mesure était perçue comme une nouvelle “insulte” de l’élite parisienne à l’encontre d’une “France périphérique” où les services publics se raréfient.

“Ces personnes continuent de beaucoup rouler en véhicule individuel pour aller travailler, faire les courses, se faire soigner ou effectuer des démarches administratives. Pour elles, le prix de l’essence est un sujet très sensible. Les obliger à ralentir, c’est une punition.”

La Vanguardia remarque cependant que les 45 départements qui ont réintroduit la limitation à 90 km/h ne l’ont pas tous appliquée à la totalité de leurs routes. La question reste un sujet de discorde entre les écologistes, qui regrettent ce retour en arrière, et les associations d’automobilistes. “La prochaine croisade de la Ligue de défense des conducteurs vise à faire annuler l’interdiction des voitures neuves à moteur thermique prévue pour 2035. Ceux qui aiment rouler vite ne sont pas non plus gênés par l’odeur de l’essence, caractéristique de toute une culture et une époque.”

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