Du rouge en vue en Europe après les "minutes" de la Fed

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LES BOURSES EUROPÉENNES ATTENDUES EN BAISSE

par Blandine Henault

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes sont attendues en nette baisse jeudi à l'ouverture, après la publication du compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale qui a accru la perspective d'une réduction du soutien monétaire de la banque centrale américaine cette année.

Les contrats à terme signalent un repli de 1,25% pour le CAC 40 , de 1,04% pour le Dax à Francfort, de 1,19% pour le FTSE à Londres et de 1,16% pour l'EuroStoxx 50.

La plupart des responsables de la Fed ont estimé le mois dernier que l'économie américaine allait continuer son rétablissement et que les objectifs de la banque centrale, notamment en matière d'emploi, "pourraient être atteints cette année", est-il écrit dans le compte-rendu de la réunion des 27-28 juillet.

"Les 'minutes' montrent une Fed qui est assez divisée sur la plupart des sujets, mais qui reconnaît que nous nous rapprochons beaucoup du moment du 'tapering'", ont écrit les analystes d'ING dans une note, évoquant la réduction des achats d'actifs de la banque centrale.

A Wall Street, le S&P 500 a perdu mercredi plus de 1%, une première depuis le 19 juillet, et le dollar a touché un pic de neuf mois face à un panier de devises de référence.

L'attention des investisseurs devrait se tourner désormais vers le séminaire de Jackson Hole, dans le Wyoming, prévu la semaine prochaine et qui constitue le grand rendez-vous traditionnel de la fin d'été pour les dirigeants de banques centrales. Il est attendu que le président de la Fed, Jerome Powell, y prononce un discours.

LES VALEURS A SUIVRE :

A WALL STREET

Déjà dans le rouge avant la publication des "minutes" de la Fed, les indices américains ont creusé leurs pertes face à la perspective d'une prochaine réduction du soutien monétaire de la banque centrale.

L'indice Dow Jones a cédé 1,08% à 34.960,69 points. Le S&P-500 a perdu 1,07%, à 4.400,27 points et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 0,89% à 14.525,91 points.

Les futures sur les trois indices signalent pour l'heure une ouverture en baisse de 0,5% jeudi.

EN ASIE

La Bourse de Tokyo a reculé de 1,1%, dans le sillage de Wall Street et dans un contexte de craintes persistantes sur l'évolution de l'épidémie de COVID-19 dans le pays.

Les Bourses chinoises sont aussi mal orientées: l'indice composite de la Bourse de Shanghai recule de 0,54% et à Hong Kong, le Hang Seng lâche 2,19%, plombé par le repli des valeurs technologiques.

CHANGES

Le billet vert a bondi dans la perspective d'une prochaine réduction du soutien monétaire de la banque centrale et gagne encore 0,35% jeudi face à un panier de devises de référence, ce qui lui a permis de dépasser son dernier pic d'avril et de revenir à un plus haut depuis novembre dernier.

"Nous pensons que les responsables de la Fed vont continuer de signaler des mesures vers une normalisation de la politique, fournissant au dollar un soutien sous-jacent crucial", écrivent les stratèges de Westpac dans une note.

Face au renchérissement du dollar, l'euro est retombé à un plus bas depuis le 4 novembre et évolue à 1,1674 dollar.

TAUX

En revanche, sur le marché obligataire, la publication des "minutes" a fait baisser le rendement des Treasuries à dix ans, les investisseurs retenant plutôt le fait qu'un "tapering" de la Fed n'interviendra pas rapidement.

Les craintes sur la croissance économique et le désintérêt pour les actifs risqués favorisent aussi la demande pour les obligations souveraines.

Le rendement des emprunts d'Etat américains à dix ans recule jeudi de trois points de base, à 1,2433% après un pic à 1,30% la veille, avant la publication du compte-rendu de la Fed.

En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans suit la tendance et cède un point de base, à -0,492% dans les premiers échanges.

PÉTROLE

Les cours du brut reculent pour la sixième séance d'affilée, leur plus longue séquence de baisse depuis février 2020, pénalisés par les craintes sur la demande face à la propagation du variant Delta du coronavirus et l'annonce d'une hausse inattendue des stocks de brut la semaine dernière aux Etats-Unis.

Le baril de Brent abandonne 1,47% à 67,23 dollars et celui du brut léger américain (WTI) perd 1,91% à 64,21 dollars.

(Avec Karen Brettell et Alun John, édité par Bertrand Boucey)

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