Rose Valland, la résistante oubliée

Rose Valland. | Musée dauphinois de Grenoble

Au panthéon des héros de la Résistance, on peut citer Jean Moulin, Stéphane Hessel ou encore Albert Camus. Le grand public aura plus de mal à citer d'autres personnalités... comme Rose Valland.

Les flammes s'élèvent entre les arbres du jardin des Tuileries, à Paris. Dans le brasier fumant, au beau milieu du jardin, des soldats nazis jettent des tableaux. La fumée monte, dans la chaleur de ce mois de juillet 1943: on peut l'apercevoir de la place de la Concorde, en bas des Champs-Élysées. Des tableaux de Picasso, Klee ou encore Miro sont en train de partir en fumée. À quelques pas du brasier, Rose Valland, attachée de conservation au musée du Jeu de Paume, serre les poings et prend quelques notes sur un brouillon.

Rose Valland n'est pas une oubliée de l'histoire: dans le monde de la culture, c'est une figure reconnue, admirée. Elle est aussi l'une des Françaises les plus décorées. Mais le grand public ne la connaît pas. Pourtant, grâce à elle, plusieurs milliers d'oeuvres d'art, pillées par les nazis, ont pu revenir en France, chez leurs propriétaires. Pour rendre hommage à la résistante, le Musée dauphinois de Grenoble lui consacre une grande exposition qui vient de débuter.

Retour au bûcher des Tuileries, là où les nazis brûlent, indifférents, des oeuvres d'art moderne. Hitler déteste l'art moderne: «décadent», «juif», «amoral», il doit être détruit. C'est ce qu'il appelle «l'art dégénéré» -«Entartete Kunst», en allemand. Rose Valland est la seule témoin de cet autodafé, perpétré vraisemblablement le 23 juillet 1943.

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Dans ses notes, elle indique: «Les tableaux massacrés au séquestre du Louvre ont été ramenés au Jeu de Paume (un plein camion, environ cinq ou six cents) et brûlés sous la surveillance allemande dans le jardin du musée de 11 heures à 15 heures. Impossible de rien sauver.» Une tragédie pour cette (...) Lire la suite sur Slate.fr