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C’est un «projet de ping-pong» entre deux amis, une correspondance entre deux auteurs publiés par le même éditeur. Nicolas Fargues donne de ses nouvelles depuis une résidence d’écrivains de Wellington à Iegor Gran, resté à Paris. C’est une fausse autofiction - on l’espère tant les deux auteurs sont bougons et sarcastiques. La caricature a pour premières cibles eux-mêmes. Ils font un sort à leur suffisance, à leur jalousie à l’égard d’autres romanciers français. Ne vous attendez pas à lire des impressions de voyage en Nouvelle-Zélande car dans les lettres de «Nicolas», il est surtout question d’un certain Paris contemporain, peut-être branché mais surtout étriqué. Il gagnerait à aller voir du pays. Peu à peu prend forme un roman. Il tourne autour d’une jeune fille qui ridiculise encore plus ces hommes. Le persiflage épargne feu Edouard Levé, et Jean Echenoz, leur «demi-dieu». En fin de course, Nicolas écrit à Iegor : «Nous avons en commun le sens de l’absurde, c’est un fait.»

Ce narrateur amoureux de sa «compagne», on le devine fébrile dès les premières lignes. Il est avec cette femme à New York. Elle l’y guide puis elle l’y quitte. Séjourner dans des villes étrangères lorsqu’on a le vague à l’âme donne un bon résultat. Il va voir les «pinturas negras» de Goya au musée du Prado : «Goya avait peint ces images sur les murs du sous-sol» de sa maison, la Quinta del Sordo, la maison du sourd ; à Rome il observe des amis discuter à voix basse sur l’Aventin. Dans Gens de Bergen, roman du Norvégien Tomas Espedal né en 1961, les villes enchantent et posent aussi problème : «Une ville peut-elle détruire une liaison amoureuse ? Elle est d’Oslo, il est de Bergen. […] Les gens de Bergen ont un défaut : ils sont incapables de dire du bien de la capitale, d’Oslo, deuxième ville du pays par ordre d’importance.» Décidément, ce n’est pas simple entre les femmes et lui. En Albanie, à Gjirokastër, il cherche la maison d’Ismail Kadaré : manque de chance, elle est à Paris. V.B.-L.

Victor (...)

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