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Il était une fois, «dans un grand bois», un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne, qui avaient faim et froid. C’était pendant la guerre. «La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.» La pauvre bûcheronne aime bien regarder passer les trains, il arrive parfois que des bouts de papier tombent d’un wagon. Un jour, c’est un bébé qu’elle trouve. N’en disons pas plus, il s’agit d’un admirable et terrible conte.

Quand les rues sont agrandies sur les plans de Paris, ce sont les impasses qui en pâtissent. La cour Saint-Eloi qui donne sur le boulevard Diderot et où habitent Alexandre et ses parents a ainsi été réduite, les immeubles compressés, pour tenir dans l’épaisseur d’un trait. Ses parents partis furieux à la campagne, Alexandre se retrouve seul à vivre dans un espace étriqué, organisant et supprimant des meubles de manière à aménager son espace, jouant avec des tableaux et un miroir. «Il habitait un lieu minuscule qui s’annonçait minuscule : c’était la plus petite des promesses, celle qui était tellement peu ambitieuse qu’on était sûr de la tenir.» La famille de son ami Eugène souffre d’une pliure qui traverse leur logement. Quant à celui d’Ivan, un camarade du lycée Arago, l’entrée de son impasse disparaît parfois complètement. Le texte d’Antonin Crenn pratique une poésie minutieuse et affectueuse des choses, de la géographie et de l’architecture de ce quartier près de Nation. Et revisite le thème du passage à l’âge adulte, par la quête d’Alexandre, observateur puis acteur habitant de son trait.

A 10 ans, Alexandre subit un rituel dans des circonstances qui font de lui «un enfant en ruine». Après la mer raconte cette dévastation progressive. Circonstances initiales : le Val-d’Oise à la fin des années 80, un père né en Algérie, une mère née en France, des frères et sœurs issus de leurs précédents mariages. Personne ne s’entend dans cette «fratrie meurtrie». Un soir d’été, son père prépare la voiture pour un grand voyage dans le silence et sous le regard de tous. (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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