Comment la romancière Kim Thuy dépeint la guerre à travers les yeux d'une femme

·1 min de lecture

Peu de romancières racontent la guerre. Kim Thuy s'est emparée de celle qu'elle a connue, subie avant d'embarquer sur un bateau, loin de son Vietnam natal. Par petites touches, elle nous offre un livre, court, presque alangui, et nous parle de femmes et d'hommes pris dans une tourmente fulgurante et dévorante. Le titre est mystérieux. Em. Que faut-il comprendre? Kim Thuy s'en explique dans une petite introduction. "em désigne en premier lieu le petit dernier dans une famille, la femme dans un couple. Mais j'aime à croire que le mot em est l'homonyme du berbe "aimer" en français, à l'impératif."

C'est d'autant plus surprenant que selon Kim elle-même, ce livre a été écrit sous le coup de la colère. "J'étais fâchée contre moi, j'avais cru ce grand récit de la guerre et je m'étais trompée." Kim Thuy est une rêveuse agitée, lorsqu'elle parle, son visage s'anime avec force, elle vit ce qu'elle dit. Et elle transforme ce qu'elle a vécu. Il y a une légèreté presque radieuse dans l'énoncé de ces propos que l'on pourrait se méprendre. Kim serait-elle sortie de cette guerre du Vietnam totalement indemne. Trop simple. "On construit son présent avec son passé et il faut avancer. Mais tout disparaît, les gens qui ont connu cette période disparaissent. Comment allons-nous transmettre notre histoire."

L'histoire d'une photo

Il y a eu Alexandre, le Français, planteur de caoutchouc. La guerre, il l'a tenue loin de ses six milles coolies en haillon. Mais quand "les épandages d'agent orange sur ...


Lire la suite sur LeJDD