Par quel roman de Dostoïevski commencer? Ce schéma va vous aider

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Fiodor Dostoïevski est mort en 1881, laissant derrière lui une centaine d'ouvrages. (Photo: API via Getty Images)
Fiodor Dostoïevski est mort en 1881, laissant derrière lui une centaine d'ouvrages. (Photo: API via Getty Images)

LIVRES - Un cœur faible, L’éternel mari ou Les frères Karamazov? Alors même qu’une nouvelle adaptation des Démons de Dostoïevski est présentée, depuis la fin du mois de septembre, à la Comédie française, une question persiste. Par où commencer dans l’œuvre du célèbre romancier russe, dont on sait qu’il n’est pas des plus accessibles?

Ce mercredi 6 octobre, l’enseignante et spécialiste de la Russie Marguerite Souchon a partagé, sur son compte Twitter, un schéma des plus utiles, permettant ainsi de faire le tri en un simple coup d’œil parmi les 136 écrits de l’auteur disparu il y a 140 ans.

Est-ce que vous avez du temps devant vous? Avez-vous envie d’une histoire d’amour? Vous voulez un truc bien russe? Vos réponses aux questions rhétoriques posées par la professeure doivent, in fine, déboucher sur le titre d’un des romans de Fiodor Dostoïevski, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Un auteur à la réputation difficile

L’idée de Marguerite Souchon ne vient pas de nulle part. “On me demande souvent par quel ouvrage de Dostoïevski commencer, et ce n’est pas évident car suivant les lecteurs, le conseil n’est pas le même, explique-t-elle au HuffPost. De fil en aiguille, j’en suis venue à me dire que ça pouvait assez bien s’organiser sous cette forme, que j’ai d’ailleurs toujours trouvé amusante.”

Consciente notamment que ses élèves de prépa manquent souvent de temps, elle a d’abord divisé les œuvres en deux groupes: les longues et les courtes. “Ensuite, j’ai sous-divisé en genres assez parlants pour les gens, correspondant peu ou prou à ce qu’ils savent aimer: histoires d’amour par ici, polar par là... Parfois, j’ai caractérisé: plutôt compliqué, plutôt glauque, plutôt métaphysique. L’essentiel étant que l’on sache à peu près où l’on met les pieds. Au total, ça m’a pris environ deux heures.”

Fiodor Dostoïevski a la réputation d’être un auteur difficile. “Tout a l’air bizarre, commente Marguerite Souchon. Les personnages sont tous fous et, en plus, on les confond avec leurs noms russes.” Les disgressions ne facilitent pas la tache. “D’un coup, les gens bavardent en prenant le thé pendant quarante pages. Puis, on va rencontrer un paysan qu’on ne va jamais revoir, mais qui va tout de même raconter une anecdote sur huit pages”, analyse l’experte.

Romancier, philosophe et sociologue

La difficulté tient aussi au fond. “Dostoïevski n’était pas seulement un romancier, c’était aussi et surtout un philosophe, voire quasiment un sociologue”, rappelle l’experte. Journaliste très au fait de l’actualité dans son pays, il s’interrogeait sur le fonctionnement et les tribulations de la société de l’époque, “sa déchristianisation, les réformes sociales, la question du mal chez l’Homme, l’existence de Dieu”.

Ces sujets, il paraît compliqué de les saisir si on ne sait rien de l’histoire de la Russie au XIXe siècle. “Comment, par exemple, comprendre le geste de ce jeune homme qui tire l’oreille à un vieux monsieur, qui ne lui a pourtant rien fait, lors d’une soirée, quand on ne sait pas que Les Démons sont un roman sur le conflit de deux générations, celle des libéraux de l’ancienne époque et celle des jeunes nihilistes venus répandre le chaos pour renverser la monarchie, et que ce geste représente l’abolition des notions bourgeoises de bien et de mal, l’amour du chaos?” s’interroge Marguerite Souchon.

Cette dernière est une passionnée. “Ces romans ne laissent personne indifférent, quand on réussit à rentrer dedans, on a envie de devenir meilleur, de pleurer avec ceux qui pleurent, de réfléchir à l’existence, s’enthousiasme-t-elle. Je pense que c’est capital, et que beaucoup de lecteurs peuvent trouver des réponses, ou même guérir de certaines choses à la lecture de Dostoïevski.” Son schéma en est la première porte d’entrée.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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