Roland-Garros: le ton monte contre Osaka, rien ne va plus pour Thiem

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Son silence radio fait grand bruit: Naomi Osaka, qui s'est hissée au deuxième tour de Roland-Garros dimanche, risque jusqu'à l'exclusion si elle s'entête à boycotter les conférences de presse, préviennent les organisateurs. Dans une spirale négative, Dominic Thiem a sombré d'entrée sur la terre battue parisienne.

Pour avoir refusé de s'y présenter après sa victoire 6-4, 7-6 (7/4) face à la Roumaine Patricia Maria Tig (63e) - conformément à ce qu'elle avait annoncé mercredi sur les réseaux sociaux - Osaka écope d'ores et déjà d'une amende de 15.000 dollars (environ 12.300 euros), expose un communiqué commun des quatre tournois du Grand Chelem.

Mais les sanctions à l'égard de la N.2 mondiale et quadruple lauréate en Grand Chelem pourraient sérieusement s'aggraver, menacent-ils.

- "Sanctions plus sévères" -

"Nous avons informé Naomi Osaka que, dans l'hypothèse où elle continuerait à manquer à ses obligations médiatiques pendant le tournoi, elle s'exposerait à de nouvelles sanctions (...). Des infractions à répétition pourraient engendrer des sanctions plus sévères, y compris l'exclusion du tournoi, ainsi que le déclenchement d'une enquête pour faute grave, qui pourrait mener à des amendes plus lourdes et des suspensions pour les Grands Chelems à venir", expliquent-ils.

Une fois sa qualification en poche dimanche, au micro de l'ancien joueur Fabrice Santoro avant de quitter le court Central, la Japonaise de 23 ans, qui a grandi et vit aux Etats-Unis, n'a répondu que du bout des lèvres: "J'espère que plus je jouerai sur terre battue, meilleure je serai, j'y travaille".

Dans un message posté sur son compte Twitter mercredi, Osaka, nouvelle star du tennis mondial et sportive la mieux payée au monde, avait avancé la préservation de sa santé mentale pour justifier sa décision inédite.

"Si les instances pensent qu'elles peuvent juste continuer à nous dire +Allez en conf' ou vous aurez une amende+, et à ignorer la santé mentale des sportifs qui sont la pièce maîtresse, alors je préfère en rire", écrivait-elle.

Son état mental à lui n'est précisément pas à son zénith: pour la première fois en huit participations, Thiem, N.4 mondial et double finaliste sur la terre battue parisienne (2018 et 2019), a rendu les armes d'entrée. Non sans avoir mené deux sets à zéro face à Pablo Andujar (68e), mais c'est l'Espagnol qui a fini par s'imposer 4-6, 5-7, 6-3, 6-4, 6-4 après quasiment quatre heures et demie de jeu.

Une illustration des difficultés traversées par l'Autrichien de 27 ans depuis plusieurs mois, entre vertige de son premier sacre en Grand Chelem à l'US Open en septembre dernier et usure mentale face aux restrictions sanitaires liées à la pandémie de Covid-19.

- "Pas le vrai moi" -

"Ce n'est pas du tout une question de motivation, mon jeu n'était tout simplement pas là aujourd'hui, tous mes coups manquaient de puissance, de précision, je ne me déplaçais pas assez bien, je ne sais pas vraiment pourquoi...", analyse Thiem, revenu début mai à la compétition après un break d'un peu moins de deux mois.

"Ce n'était pas le vrai moi, celui capable de se battre pour des grands titres. C'est une situation très difficile", avoue "Domi", qui espère "rebondir le plus vite possible".

Cette élimination précoce déséquilibre encore un peu plus les deux parties du tableau masculin, alors que Rafael Nadal, Novak Djokovic et Roger Federer - qui entre en lice lundi après-midi - se bousculent dans la moitié haute.

A 35 ans, Andujar s'offre lui une deuxième victoire de prestige en moins de deux semaines, après celle obtenue contre Federer à Genève mi-mai.

"C'est comme si le père Noël était passé, ce sont des cadeaux que me fait le tennis", résume l'Espagnol de 35 ans, opéré trois fois du coude droit en 2016 et 2017.

Présenté comme le favori de la moitié basse, Stefanos Tsitsipas (5e) a réussi des débuts sérieux : à huis clos dans la nuit parisienne, couvre-feu oblige, il a maîtrisé le Français Jérémy Chardy (60e) 7-6 (8/6), 6-3, 6-1 en à peine plus de deux heures.

"Le tie-break a joué un rôle crucial, estime le jeune Grec, vainqueur de son premier Masters 1000 à Monte-Carlo mi-avril. Après le premier set, j'ai mis le pied sur l'accélérateur et je n'ai plus lâché."

Alexander Zverev, mené deux sets à zéro par le qualifié allemand Oscar Otte avant de s'en sortir (3-6, 3-6, 6-2, 6-2, 6-0), en moins de trois heures toutefois, et Petra Kvitova, qui a écarté une balle de match (6-7 (3/7), 7-6 (7/5), 6-1 contre Minnen), ont eux souffert d'entrée de jeu.

es-ig/chc

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