Roland-Garros inaugure le pass sanitaire : "L'ambiance va être plus sympa"

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Le pass sanitaire entre en vigueur mercredi en France. Le tournoi de Roland-Garros inaugure le dispositif avec un VRP de luxe : le ministre de la Santé, Olivier Véran. Les spectateurs, eux, sont ravis. Reportage.

Au cœur d'une nuée de photographes et de cameramen, Olivier Véran a été officiellement, mercredi 9 juin, le premier Français à présenter son pass sanitaire à Roland-Garros. Le ministre de la Santé a choisi la Porte d'Auteuil pour promouvoir le dispositif qui entre en vigueur ce jour et doit marquer une nouvelle étape vers un retour à la normale dans un monde post-pandémie.

Opération de communication bien huilée

Flanqué de Cédric O, secrétaire d'État au numérique, le ministre est là pour montrer et se montrer. D'ailleurs, pour permettre aux photographes d'avoir le bon cliché, il passe deux fois le contrôle avant de s'engager sur le site pour une visite rapide du court Philippe-Chatrier. Enfin, à l'entrée du restaurant de la tribune présidentielle, il pose avec le QR code affiché au mur pour montrer le fonctionnement du cahier de rappel numérique, autre dispositif entrant en scène ce mercredi. En scannant ce type de code avec l'application TousAntiCovid, les clients des restaurants et autres lieux clos pourront être avertis s'ils ont été en contact avec des cas positifs.

"Nous sommes venus pour inaugurer ce pass sanitaire qui doit permettre à des milliers de spectateurs de profiter des matches de Roland-Garros en toute sécurité", vante Olivier Véran lors d'un point-presse expédié en une intervention et deux questions. "Ce pass sanitaire doit également permettre la réouverture des restaurants, des salles de sport et de plusieurs lieux qui manquent aux Français."

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Vert, on entre ; rouge, on patiente

Pendant que le ministre de la Santé se félicite de cette nouvelle étape du déconfinement, le dispositif entre en action à l'entrée du site. En amont du contrôle des billets, les spectateurs sont invités à présenter leur QR code – version papier ou numérique – aux agents de la brigade sanitaire.

L'employé qui scanne le QR code du pass ne voit que le nom de la personne et un statut associé, "vert" (pass valable) ou "rouge" (non valable). Selon la promesse du gouvernement, il n'a pas accès aux informations détaillées sur l'état immunitaire de la personne. Celle-ci présente également une pièce d'identité pour compléter le contrôle.

Le pass sanitaire est accordé deux semaines après la deuxième injection ou deux semaines après l'injection unique pour les personnes ayant déjà eu le Covid-19. Il est également accordé avec un test PCR ou antigénique négatif de moins de 48 heures, ou bien un test PCR ou antigénique positif de plus de deux semaines et moins de six mois (cela indiquant un risque limité de réinfection).

Pour les personnes respectant ces règles, direction le contrôle des billets. Les autres sont déroutées pour régler le problème : soit en récupérant le QR code de leur test ou vaccin grâce à la Sécurité sociale, soit en procédant à un test antigénique dans un centre spécialement installé derrière la statue de Rafael Nadal.

Jusqu'à 13 146 spectateurs autorisés

Avec cette nouvelle étape d'allègement des restrictions et l'instauration du pass sanitaire, le tournoi de Roland-Garros peut enfin augmenter sa jauge. Son site pourra accueillir jusqu'à 13 146 spectateurs – 5 000 pour le seul court central, soit presque autant que pour l'ensemble du site depuis le début de la quinzaine.

À proximité de la place des Mousquetaires, les premiers spectateurs du jour ne semblent pas perturbés par ces nouveaux contrôles ni par la perspective d'avoir été les premiers Français à avoir inauguré le dispositif : "Franchement, c'était très simple. On est rentrées sans problème. On a présenté le QR code et hop, c'est parti !", se réjouit Ségolène Chollet, 46 ans, venue avec sa mère pour assister aux quarts de finale sur le court Philippe-Chatrier. "Ça ne me fait pas peur qu'il y ait davantage de public. Au contraire, l'ambiance va être beaucoup plus sympa."

"J'approuve ce pass sanitaire. Mais quitte à nous retrouver entre gens testés ou vaccinés, j'aurais aimé qu'on puisse faire tomber le masque", regrette toutefois la couturière.

"Contraignant" mais "nécessaire"

Romain Savary, enseignant trentenaire, fait remarquer que le dispositif demande de bien s'organiser. "Je me suis fait tester il y a 48 heures. J'ai dû faire très attention au timing pour être dans la bonne fenêtre. C'est assez contraignant. On a l'impression que le moindre grain de sable peut nous empêcher d'accéder à Roland-Garros", note-t-il.

"Je pense néanmoins que c'est nécessaire. Nécessaire pour responsabiliser un peu les Français. La troisième vague vient seulement de passer et je pense qu'il faut malheureusement se préparer à vivre avec le Covid encore un peu. Le Français est râleur mais on s'adapte et on avance", ajoute-il avec un sourire derrière le masque.

Unanimement, les spectateurs sont ravis d'enfin pouvoir passer une longue journée dans Roland-Garros. Longue car, à la faveur du couvre-feu repoussé à 23 heures, ils pourront enfin peupler les tribunes du court Philippe-Chatrier à l'occasion de la dixième et dernière session nocturne de l'année. Jusqu’à présent, ces fameuses "night sessions" diffusées sur Amazon Prime Video se disputaient dans un court central tristement vidé de son public. Ce soir, le match sera avancé à 20 heures afin de permettre aux heureux élus de rester jusqu'à la fin du duel entre Novak Djokovic et Matteo Berrettini pour une place en demi-finale. Et peut-être ainsi convaincre de l'intérêt de cette formule nocturne qui n'a pas eu bonne presse avec les matches joués à huis clos.