Le roi de Jordanie assigne définitivement à résidence le prince Hamza

En Jordanie, la famille royale continue de se déchirer en public. Le roi Abdallah II a annoncé ce jeudi l’assignation à résidence de son demi-frère, le prince Hamza, ancien hériter au trône aujourd'hui accusé de « complot» et de « déstabilisation du Royaume ».

Jamais le roi de Jordanie n’avait employé de mot aussi sévère à l’encontre de son demi-frère, rapporte notre correspondante à Amman, Hermine Le Clech. Dans la longue lettre publiée ce jeudi, Abdallah II accuse le prince Hamza de « manipuler les faits pour conforter son récit ».

Il estime que le prince « délire » et qualifie son comportement de « destructeur ». « Je ne serais pas surpris s’il publiait des messages insultant le pays et les institutions. Mais nous ne perdrons pas de temps à lui répondre », conclut-il dans les derniers paragraphes.

Accusations de sédition

Le prince Hamza, ancien héritier au trône, était déjà placé en résidence surveillée depuis son arrestation l'année dernière. Les autorités jordaniennes avaient fait état en avril 2021 d'une tentative de déstabiliser le royaume et le prince Hamza avait été accusé de mettre la monarchie en danger, le roi Abdallah II parlant d'une « sédition ».

Le prince Hamza avait alors nié avoir pris part à un complot et accusant les autorités de son pays d'« incompétence ». Deux anciens hauts responsables, Bassem Awadallah, ancien chef du bureau royal, et Cherif Hassan ben Zaid, un cousin éloigné du roi, avaient néanmoins été condamnés à 15 ans de prison pour avoir voulu renverser le roi Abdallah II au profit de Hamza.

L’atmosphère s’était un peu détendue en mars, alors que le prince Hamza avait publié des excuses. Mais un mois plus tard, le demi-frère du roi de Jordanie révélait une nouvelle fois les tensions au sein de la famille royale, en renonçant à son titre de prince pour protester contre les politiques du gouvernement.

Le décret royal émis ce jeudi restreint « les communications, le lieu de résidence et les mouvements du prince Hamza », a annoncé le Palais royal. Dans une lettre adressée aux Jordaniens, le roi Abdallah II a assuré que le prince Hamza aurait « tout ce dont il a besoin pour vivre une vie confortable, mais pas l'espace dont il a abusé pour offenser la nation, ses institutions et sa famille, afin de ne pas saper la stabilité de la Jordanie ».

Soutien sur les réseaux sociaux

Le roi Abdallah avait nommé Hamza prince héritier en 1999, à la demande de son défunt père. Mais il l'avait démis de ses fonctions en 2004 pour nommer son fils, le prince Hussein, prince héritier en 2009.

La famille royale cherche depuis à décrédibiliser l’ancien héritier au trône, que beaucoup de Jordaniens apprécient pour ses discours anticorruption. Depuis l’annonce de la décision, des messages de soutien affluent sur les réseaux sociaux. Ils dénoncent une décision antidémocratique et appellent à la libération du prince Hamza.

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(Et avec AFP)

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