"Pas mon roi": à Londres, deux manifestants anti-monarchie huent le convoi de Charles III

Le roi Charles III, en voiture, le lundi 12 septembre 2022.  - BFMTV
Le roi Charles III, en voiture, le lundi 12 septembre 2022. - BFMTV

Deux manifestants anti-monarchie ont hué lundi le convoi du roi Charles III lors de sa visite au Parlement de Londres, portant une pancarte "Pas mon roi", rares voix dissidentes dans cette période de deuil suivant la mort d'Elizabeth II.

Les deux protestataires, brandissant chacun une feuille de papier indiquant "Pas mon roi", "Abolition de la monarchie" et "Fin au féodalisme", se sont postés sur le trottoir en face du palais de Westminster. L'une d'elle s'est ensuite approchée des grilles du Parlement, puis des agents de police l'ont raccompagnée à distance en lui demandant de s'éloigner, selon des images diffusées par le site du journal Evening Standard.

"C'est un lieu politique et c'est un jour politique", a expliqué l'une d'elles à l'AFP, souhaitant garder l'anonymat. "Le Parlement accueille Charles Windsor en tant que nouveau chef d'État dans ce pays sans que le peuple ait son mot à dire. C'est un roi sans consentement, et ce n'est pas juste". "Nous ne savons pas ce qu'il faut mais il gagne un salaire de 24 millions de livres par an", soit 27 millions d'euros, a-t-elle ajouté. "Pour quoi? Saluer et serrer des mains".

62% des Britanniques favorables à la monarchie

La mort de la reine Elizabeth II, figure d'unité et de stabilité pendant ses 70 ans de règne, a suscité une immense émotion au Royaume-Uni et des centaines de milliers de personnes sont attendues pour se recueillir devant son cercueil en fin de semaine à Londres. Certaines voix discordantes se sont élevées malgré tout pour dénoncer notamment l'héritage colonialiste de la monarchie britannique.

Selon un sondage publié à l'occasion des 70 ans de règne en juin par l'institut YouGov, 62% des Britanniques pensent que le pays doit rester une monarchie, seuls 22% estimant qu'il faudrait un chef d'Etat élu. Le soutien à la monarchie est cependant plus faible chez les jeunes et Charles est bien moins populaire que sa mère.

Avant l'arrivée du cercueil d'Elizabeth II à Édimbourg dimanche, la police écossaise a arrêté pour atteinte à l'ordre public, sous les applaudissements, une femme qui tenait une pancarte "Abolition de la monarchie". Mais un cri "Laissez la partir, c'est la liberté d'expression" a retenti.

Article original publié sur BFMTV.com