Rohingyas réfugiés en Inde: le gouvernement Modi déterminé à les expulser

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Le gouvernement indien de Narendra Modi n’en démord pas : les Rohingyas sont des immigrés illégaux qu’il entend renvoyer dans leur pays d’origine, en dépit des risques qui pèsent sur leur vie. La Cour suprême se penchait ce vendredi 26 mars sur le cas de l’un d’entre eux et l'exécutif en a profité pour rappeler sa position sur la question.

Avec notre correspondant en Inde, Côme Bastin

Depuis 2017, les membres de la communauté musulmane Rohingya fuient en masse les persécutions dont ils sont victimes en Birmanie. Ils seraient au moins 6 500 en Inde, détenus notamment dans des camps de l’État du Jammu.

Ce vendredi, la plus haute institution du pays examinait la demande d’asile du réfugié Mohammad Salimullah. L’homme est soutenu par le célèbre avocat Prashant Bhushan, qui exige que l’Inde accorde des papiers à tous les Rohingyas.

Mais pour le gouvernement, « l’Inde ne peut pas être la capitale de l’immigration illégale ». Les Rohingyas sont, selon lui, une menace pour la sécurité de la nation et doivent donc être expulsés. La Cour suprême a de son côté remis son jugement à plus tard.

« Ils risquent d'être massacrés, mais... »

Dans son plaidoyer, l’avocat a rappelé que cette déportation était contraire à la Constitution indienne et au droit international. Ceci, au vu des violences et des meurtres dont sont victimes les Rohingyas en Birmanie. Un rapporteur des Nations unies était présent, mais n’a pas été autorisé à s'exprimer.

« Ils risquent d'être massacrés, mais on ne peut pas l'arrêter », a déclaré le chef de la Cour suprême. L’Inde devra cependant établir la nationalité birmane des Rohingyas avant de les renvoyer.

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