Rodrigo Arenas, député LFI, en grève contre l’utilisation « abusive » du 49.3

Rodrigo Arenas, député Nupes de la 10e circonscription de Paris, signifiera sa grève par le port d’un brassard blanc lors des questions au gouvernement ce jeudi 3 novembre.
EMMANUEL DUNAND / AFP Rodrigo Arenas, député Nupes de la 10e circonscription de Paris, signifiera sa grève par le port d’un brassard blanc lors des questions au gouvernement ce jeudi 3 novembre.

ASSEMBLÉE NATIONALE - « Le gouvernement s’est saisi de notre travail, pour finalement tout jeter à la poubelle ! », fulmine Rodrigo Arenas auprès du HuffPost. Exaspéré par la quatrième utilisation du 49.3 en moins de deux semaines par la Première ministre Élisabeth Borne, le député Nupes de la 10e circonscription de Paris est à bout de nerfs ce jeudi 3 novembre. Cette fois-ci, pas question de se contenter de la motion de censure déposée par le groupe Insoumis. L’élu originaire du Chili se met en grève.

Comme « les soignants et les avocats », Rodrigo Arenas continuera à travailler pendant son mouvement de grève. Mais « par respect pour les citoyens qui l’ont élu », il entend défendre ses droits « et ceux de la population » au débat et à un véritable « travail législatif » des parlementaires.

« On nous ôte même le droit de faire semblant de débattre »

« Le gouvernement est en train d’abîmer le travail du Parlement avec la mesure autoritaire du 49.3, dénonce le député insoumis. L’exécutif est en train de prendre le pas sur le législatif. » Pour marquer sa contestation, il compte porter un « brassard blanc avec la mention ’en grève’ », « comme les travailleurs japonais », lors de la séance de questions au gouvernement, organisée exceptionnellement jeudi après-midi après le jour férié de la Toussaint mardi.

Ancien président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) et défenseur de la « société civile », Rodrigo Arenas déplore les « dizaines d’amendements ignorés par le gouvernement »  et critique particulièrement le non-examen en séance du budget de l’Éducation, son sujet de prédilection. « On nous ôte même le droit de faire semblant de débattre », ironise l’élu.

Une motion de censure déposée par LFI

Après l’annonce d’une quatrième utilisation du 49.3 par Élisabeth Borne mercredi, il avait d’ailleurs quitté la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée pour protester, lors de l’audition de la ministre de l’Enseignement supérieur Sylvie Retailleau. « Nous faisons tous semblant ici d’avoir un débat sur un sujet qui n’aura pas lieu, et nous nous dépossédons de nous-mêmes », avait-il dénoncé, avant de « prendre congé » de ses collègues.

La Première ministre a déclenché une nouvelle fois mercredi l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire passer l’ensemble du projet de budget 2023 sans vote en première lecture à l’Assemblée, où les macronistes sont privés de majorité absolue. Le 49.3 a aussitôt interrompu les débats. En réaction, le groupe LFI a annoncé le dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement.

Elle sera défendue à la tribune par le député LFI de La Réunion Jean-Hugues Ratenon. Les Insoumis accusent notamment l’exécutif de « mépriser les Ultramarins » en ne reprenant pas l’ensemble des augmentations de crédits votées par les députés dans la nuit de vendredi à samedi, souvent contre l’avis du gouvernement.

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