Qu'est-ce que le rodéo urbain, le phénomène inquiétant qui explose depuis le confinement

Depuis le début de la période de confinement, les incidents liés à des acrobaties en deux-roues ou en quad sont en forte augmentation.

Pendant la période de confinement, le nombre de rodéos sauvages a explosé. Christophe Castaner a annoncé le lancement d’un nouveau plan de lutte contre cette pratique illégale de plus en plus répandue, qui cause de nombreux incidents.

C’est un fléau en forte augmentation qui inquiète le gouvernement. Pendant la période de confinement et depuis le 11 mai, les interventions des forces de l’ordre pour les rodéos urbains ont augmenté de 15% et les incidents liés à cette pratique illégale se multiplient.

Passible de prison depuis la loi du 3 août 2018, le rodéo urbain (ou rodéo motorisé) est un “jeu” dangereux qui consiste à adopter, au moyen d’un véhicule terrestre à moteur comme une moto-cross, un scooter, un quad ou une mini-moto, “une conduite répétant de façon intentionnelle des manœuvres constituant des violations d’obligations particulières de sécurité ou de prudence [...] dans des conditions qui compromettent la sécurité des usagers de la route ou qui troublent la tranquillité publique”. Il s’agit donc d’un délit qui consiste à conduire dangereusement son véhicule, très souvent un deux-roues, et faire des “acrobaties” type “roue arrière” sur la route.

Popularisé par certains films d’action

Importé des États-Unis et “popularisé par certains films d’action”, comme le décrivait Natalia Pouzyreff dans son rapport parlementaire de 2018, ce phénomène inquiétant représente un danger tant pour les acrobates en herbe que pour les autres usagers de la route et engendre des nuisances, notamment sonores, pour les riverains. Ces rodéos motorisés sont particulièrement visibles dans les zones d’habitation, en périphérie des centres urbains, sur les autoroutes ou autres voies rapides et parfois dans les campagnes.

En plus des manœuvres dangereuses, les auteurs de ces rodéos sauvages se retrouvent souvent sur des véhicules non homologués, sans casque et en excès de vitesse, ce qui ajoute des risques pour leur sécurité ainsi que celles des autres usagers de la route, notamment les forces de l’ordre. De plus, de nombreux malfaiteurs exécutent ces actions sous l’emprise de stupéfiants ou de l’alcool.

Plusieurs accidents graves ont été observés ces dernières années comme à Coignières (Yvelines), en 2017, lorsqu’un adolescent de 13 ans a trouvé la mort en perdant le contrôle de sa motocross et en heurtant un arbre, alors qu’il ne portait pas de casque. Plus récemment, un adolescent de 17 ans s’est également tué à Nantes en chutant sans casque lors d’un rodéo et un policier s’est gravement blessé et tentant d’intervenir lors d’un rodéo d’une trentaine de motos improvisé sur le périphérique parisien quelques jours après le déconfinement.

Les rodéos se sont multipliés

Passible de deux ans de prison ferme et de 35 000 euros d’amende depuis la loi de 2018, les rodéos sauvages sont pourtant de plus en plus nombreux. Pendant le confinement, pas moins de 337 infractions ont été constatées, soit une augmentation de 15% des interventions. Les routes vides pendant cette période de confinement ont sans doute incité les “acrobates” à sortir leurs engins. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner pense que ce n’est pas directement le nombre de rodéos qui a explosé, mais plutôt le type de pratique qui a changé. “Il ne s’agit pas nécessairement d’une hausse du nombre de rodéos mais d’un changement des pratiques : les rodéos en groupes plus importants, comme une bravade supplémentaire à la loi, se sont multipliés.

En 2017, la gendarmerie nationale recensait 6614 interventions contre 5335 en 2016, soit une augmentation de 23% en un an, à une époque où le rodéo urbain n’était que sanctionné pour des infractions au Code de la route. Mais la loi de 2018 de semble pas avoir calmé les ardeurs de ces amateurs de sensations fortes puisque “ce sont plus de 39 000 interventions des forces de l’ordre qui ont été réalisées et 3600 infractions qui ont été relevées sur le fondement de cette loi”, comme l’a annoncé Christophe Castaner.

Le locataire de la place Beauvau a ainsi annoncé avoir confié à deux députées LREM, Natalia Pouzyreff et Catherine Osson, une mission de réflexion afin d’élaborer un nouveau plan de lutte contre ces rodéos motorisés.

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